Soleil en Siberie
C'etait mercredi ou bien samedi, la semaine derniere ou celle d'avant. Quoi qu'il en soit nous avons quitte Vladivostok en agitant nos mouchoirs devant le quai et nos amis qui nous disaient "revenez vite". Oui nous reviendrons bientot au phare est pour voir en exclusivite le nouveau long metrage de Sergei nomme palme d'or au festival du film russe non hollywoodien, et manger encore ce fameux jambon dont l'emballage somptueux fut concu par notre ami Viktor (quand meme !).
Et voila comment on arrive en Siberie. Pendant des jours on voyage en Siberie. Les paysages defilent, nous, on ne bouge pas, on regarde. La Siberie me ressemble pas a la Siberie. Elle est probablement trop grande pour ressembler a quelque chose. Nous avons beau fixer notre regard sur le paysage nous ne reconnaissons pas la Siberie. Mais il faut dire qu'il manque la neige, la monotonie blanche. Pour l'instant tout est vert. Tout est vert tachete de jaune, ce sont les petits boutons d'or. Le vert, ce sont toutes ces etendues d'herbe, de fourres et de bouleaux. Il y a de grands pins au tronc si long qu'ils en paraissent deplumes. Et il y a les petits arbustes. Tout n'est pas plat, il y a du relief au fond, mais juste un peu. De toute facon, le ciel est trop grand, on le regarde jusqu'a l'infini, rien ne le coupe. On voit aussi les petites maisons russes, ces petites maisons en bois au toit tres peu incline. Elles sont perdues au milieu de rien. On a du mal a imaginer ceux qui y habitent, la vie de ces gens en Siberie, l'ete, l'hiver. On s'arrete parfois dans des gares ou la seule animation est alors le ravitaillement. Sur les quais s'etalent legumes, pirojski, boissons locales (...) et saucisseski. Parce qu'on mange ! On n'arrete pas de manger en traversant la Siberie. C'est si long ! On dort aussi. Le temps s'arrete.
On ne sait plus vraiment quel jour on est, depuis combien de temps on est la, ou l'on va descendre. Dans le train regne une veritable anarchie temporelle. Personne n'est capable de dire quelle heure il est... comme s'il n'y avait pas d'heure en Siberie. L'horloge donne le temps de Moscou, ce qui est absolument absurde. Le soleil, quant a lui, a 7 heures d'avance. Cependant la lumiere recule avec le train. Les passagers, eux, ont chacun leur fuseau horaire. Et a vrai dire ca n'a plus d'importance. Dormir le jour, vivre la nuit, etre entre les deux, ou inversemment, c'est a chacun son horaire.
Finalement on se coupe de tout. Sauf peut etre de La Vodka pour les russes qui ne cessent de boire. On vous l'avoue, on ne suit plus du tout ! N'etant pas tombes dedans etant petits, on ne peut pas comprendre. Ils nous impressionnent beaucoup ces russes. Ils sont tellement solides ! De vrais rocs. Leur activite principale consiste a boire, et ils tiennent toujours. Il n'est pas rare de se faire reveiller par une forte haleine russe avant de decouvrir a quelques centimetres de son nez une bouille toute rouge aux yeux vitreux qui sourit en disant : "Russian vodka ???". On est alors oblige d'expliquer que chez les fransus on ne boit pas au reveil, meme s'il est encore minuit a Moscou ! Terrible. Ils nous invitent souvent. Ils preparent de petits morceaux de pain a la viande-mayonnaise qui sont censes accompagner des petits verres de vodka. Et attention, il faut boire d'un coup avant de croquer. On ne rigole pas avec les traditions ! Terrible.
Soudain, on traverse une foret. La terre est la, plate. On ne sait plus ou l'on est, ou l'on se placerait sur le globe. Soudain c'est une riviere, une fleuve plat qui semble s'enclaver dans le sol. Il ne semble pas y avoir de fond. Le train tourne, contourne. Ca secoue. Elles sont ici les montagnes russes ! On s'incruste en Siberie. Les rails contournent comme pour le plaisir. Ce serait trop simple d'aller tout droit. De la fenetre nous voyons parfois toute la longueur du train, les wagons devant qui tournent, s'engloutissent. Il est long notre train, bleu et vert. A cote il y a d'autres rails, on se croise souvent entre transsiberiens. Ca s'entrechoque aurait pu dire Cendrars. De quoi parlait-il ? Nous, on entend une musique, l'air ferroviaire d'un train qui glisse et fait des sursauts. Nous voyons des paysages inconnaissables. Et tout s'entrechoque dans nos tetes alors que nous tentons de saisir ou l'on est.
Et voila comment on arrive en Siberie. Pendant des jours on voyage en Siberie. Les paysages defilent, nous, on ne bouge pas, on regarde. La Siberie me ressemble pas a la Siberie. Elle est probablement trop grande pour ressembler a quelque chose. Nous avons beau fixer notre regard sur le paysage nous ne reconnaissons pas la Siberie. Mais il faut dire qu'il manque la neige, la monotonie blanche. Pour l'instant tout est vert. Tout est vert tachete de jaune, ce sont les petits boutons d'or. Le vert, ce sont toutes ces etendues d'herbe, de fourres et de bouleaux. Il y a de grands pins au tronc si long qu'ils en paraissent deplumes. Et il y a les petits arbustes. Tout n'est pas plat, il y a du relief au fond, mais juste un peu. De toute facon, le ciel est trop grand, on le regarde jusqu'a l'infini, rien ne le coupe. On voit aussi les petites maisons russes, ces petites maisons en bois au toit tres peu incline. Elles sont perdues au milieu de rien. On a du mal a imaginer ceux qui y habitent, la vie de ces gens en Siberie, l'ete, l'hiver. On s'arrete parfois dans des gares ou la seule animation est alors le ravitaillement. Sur les quais s'etalent legumes, pirojski, boissons locales (...) et saucisseski. Parce qu'on mange ! On n'arrete pas de manger en traversant la Siberie. C'est si long ! On dort aussi. Le temps s'arrete.
On ne sait plus vraiment quel jour on est, depuis combien de temps on est la, ou l'on va descendre. Dans le train regne une veritable anarchie temporelle. Personne n'est capable de dire quelle heure il est... comme s'il n'y avait pas d'heure en Siberie. L'horloge donne le temps de Moscou, ce qui est absolument absurde. Le soleil, quant a lui, a 7 heures d'avance. Cependant la lumiere recule avec le train. Les passagers, eux, ont chacun leur fuseau horaire. Et a vrai dire ca n'a plus d'importance. Dormir le jour, vivre la nuit, etre entre les deux, ou inversemment, c'est a chacun son horaire.
Finalement on se coupe de tout. Sauf peut etre de La Vodka pour les russes qui ne cessent de boire. On vous l'avoue, on ne suit plus du tout ! N'etant pas tombes dedans etant petits, on ne peut pas comprendre. Ils nous impressionnent beaucoup ces russes. Ils sont tellement solides ! De vrais rocs. Leur activite principale consiste a boire, et ils tiennent toujours. Il n'est pas rare de se faire reveiller par une forte haleine russe avant de decouvrir a quelques centimetres de son nez une bouille toute rouge aux yeux vitreux qui sourit en disant : "Russian vodka ???". On est alors oblige d'expliquer que chez les fransus on ne boit pas au reveil, meme s'il est encore minuit a Moscou ! Terrible. Ils nous invitent souvent. Ils preparent de petits morceaux de pain a la viande-mayonnaise qui sont censes accompagner des petits verres de vodka. Et attention, il faut boire d'un coup avant de croquer. On ne rigole pas avec les traditions ! Terrible.
Soudain, on traverse une foret. La terre est la, plate. On ne sait plus ou l'on est, ou l'on se placerait sur le globe. Soudain c'est une riviere, une fleuve plat qui semble s'enclaver dans le sol. Il ne semble pas y avoir de fond. Le train tourne, contourne. Ca secoue. Elles sont ici les montagnes russes ! On s'incruste en Siberie. Les rails contournent comme pour le plaisir. Ce serait trop simple d'aller tout droit. De la fenetre nous voyons parfois toute la longueur du train, les wagons devant qui tournent, s'engloutissent. Il est long notre train, bleu et vert. A cote il y a d'autres rails, on se croise souvent entre transsiberiens. Ca s'entrechoque aurait pu dire Cendrars. De quoi parlait-il ? Nous, on entend une musique, l'air ferroviaire d'un train qui glisse et fait des sursauts. Nous voyons des paysages inconnaissables. Et tout s'entrechoque dans nos tetes alors que nous tentons de saisir ou l'on est.


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