Un petit goût de reviens-y

quelqu'un aurait-il vu ma brosse à dent ?

vendredi, mars 30, 2007

des langoustes aux lepreux...

Chers compatriotes,
Nous avons quitte Puri et ses lagoustes (a moins de 3euros la langouste ca donne des idees) pour finir notre remontee. 24h et 1200 kms plus tard, nous sommes a Varanasi-Benares.
Notre trajet en Inde, si l`on se penche sur une carte et que l`on y trace notre parcours, est assez etrange, c`est comme si l`on rasait les murs ! Nous sommes ouverts a toute analyse psychologique et therapeutique...
Quoi qu`il en soit, nous y sommes. Benares est une des villes les plus sacrees de l`Inde, la cite de Shiva, la ville du Gange sacre. Il y a d`abord les grandes avenues bruyantes et surpeuples, puis les dedales de ruelles plus fraiches,et enfin les ghats bouillants qui suivent la courbe du Gange. Sur ces ghats se pressent les enfants qui improvisent une partie de criket ou plongent dans le fleuve, les sadous qui meditent sur le cours du temps, les femmes qui meditent sur la proprete de leurs linges, les touristes qui essaient d`eviter les emmerdeurs (hello boat, hello boat, hallo boat...), les indiens qui se meurent, ceux qui sont la en pelerinage, bref toute l`Inde.
Certains ghats acceuillent les buchers. Puisqu`ici les hindous viennent mourir. Etre incinere ici pour que leurs cendres finissent au fond du Gange permet de rompre le cycle des reincarnations. Ca rigole pas avec le karma ! Des piles de bois de differentes qualites (destinees aux differentes castes) s`amoncellent. Ici sont brules 24h sur 24 plus de 200 personnes par jour.
Les corps enveloppes dans des tissus et des ornements sont d`abord trempes dans le Gange, puis deposes sur le feu sacre de Shiva. On reconnait les femmes par leur tissu orange, les hommes par le tissu or, les jeunes filles par le rouge, et les jeunes garcons par le blanc. C`est le fils aine qui allume le bucher de son pere, ou le fils cadet celui de sa mere, le mari celui de sa femme. Seuls les bebes, les femmes enceintes, les lepreux, les victimes d`une piqure de serpent sont jetes tels quels dans le Gange. Sur le ghat, il n`y a pas de femmes, parce leurs pleurs retiennent le karma (ben voyons !). Les differentes castes sont brulees a hauteur differentes, avec un bois de plus en plus couteux. Moins il est cher, moins le bois brule bien, plus l`odeur est mauvaise... bref.
Quant aux Gange, il est sale. C`est le fleuve le plus pollue au monde. Les corps en decomposition s`ajoutent aux egouts et au plastique... Ca n`empeche que les gens y font leur ablutions. C`est comme ca. Il parait que plusieurs associations essayent de convaincre les hindous de se faire plutot inhumes aupres du fleuve. Nous trouvons cela bien surprenant... au lieu d`emmerder ces gens il serait peut etre plus judicieux de faire connaitre l`usage de la poubelle. Il est absolumment impossible de trouver une poubelle en Inde. C`est par moment a crier de rage. Eux memes jetent tout par terre sans aucun remord, c`est normal. Les voies ferrees sont des dechetteries sur des centaines de km. D`accord les rues en ville sont nettoyees par les chiffoniers ou les vaches, mais des qu`il y a un trou ou une falaise ou un fleuve, les indiens jettent la (peut etre dans leur esprit cela fait plus propre, les dechets sont caches ou derivent) et c`est irattrapable. Nous qui ne pouvons nous resoudre a jeter par terre nos bouts de plstiques, essayons de demander une poubelle ou autre, mais au final cela se retrouve toujours par terre. C`est un fleau. Comme de voir les californiens depenser une eau precieuse dans l`arrosage de leur jardin, il est insupportable de voir la facon de faire des indiens. On aimerait crier, les secouer, mais ca nous depasse largement, et eux aussi d`ailleurs.
Passons sur l`etat lamentable du fleuve sacre pour en venir aux infections que l`eau contaminee engendre. Nous avons rencontre les docteurs d`action Benares qui s`occupent benevolement de soigner les plaies et les maladies des plus demunis. Nous reprenons le texte d`un des benevoles pour vous presenter l`association :

"Les Indiens l'appellent " Doctor Sab ". Depuis 1973, Bernard-Yves Sabot, un médecin français, soigne bénévolement les oubliés de la croissance indienne. De la migraine à l'amputation, la plupart de ses actions sont menées dans la rue. Pour recueillir les fonds et recruter les bénévoles indispensables à sa croisade, ce Don Quichotte de l’humanitaire a créé une association : "Action Bénarès".
" À l'origine je suis psychiatre, explique Bernard le docteur Sab, aujourd'hui âgé d'une soixantaine d'années. Mais mon doctorat en poche, je suis aussitôt parti en Inde pour fuir mon quotidien. En fait, je ne savais pas ce que j'allais y faire. Comme j'étais jeune médecin, je me suis dit que je pouvais être utile dans ce pays déshérité. Surtout qu'après avoir joué les routards quelques mois, je me suis rendu compte de la situation sanitaire déplorable du pays où une frange importante de la population n'a pas accès aux soins ".
Il décide alors d'aller à Calcutta. Il frappe à la porte d'un centre et se retrouve face à un " p’tit bout de femme " d'origine albanaise. " J'étais devant mère Teresa ". À l'époque, celle à qui l'Inde entière a offert des funérailles nationales, n'était connue que des quelques centaines de lépreux dont elle s'occupait. " Médecin ? C'est bien ! dit-elle, lorsque Bernard se présente, mais ici on a surtout besoin de bras pour ramasser les cadavres. Alors, si vous vous en sentez la force, vous êtes le bienvenu ! " Bernard, athée convaincu, pensait offrir quelques mois de son temps. Il restera 4 ans dans ce mouroir.
À la suite de cette expérience il atterrit, un peu par hasard à Varanasi ; nom indien de la ville sainte de Bénarès, située sur les bords du Gange. " Devant les milliers de lépreux et indigents livrés à eux-mêmes, je me suis dit que c'est là que je pouvais être utile ". Il venait de croiser son destin.
Depuis, il n'a plus quitté cette ville où il réside et où il a créé une petite association humanitaire " Action Bénarès ". Association qu'il anime avec Anna sa jeune épouse d’origine espagnole, elle aussi médecin ; et plus récemment avec Véronique, spécialiste des maladies tropicales. Véronique est la dernière professionnelle occidentale recrutée, car désormais Bernard et Anna forment des Indiens aux soins d'urgence. "À terme, les plus investis deviendront de brillants médecins. C'est le moins que je puisse faire pour ce pays qui m'a tant donné. Car au fil du temps, j'ai développé une véritable philosophie du partage ".
Cependant, " Action Bénarès " fonctionne aussi avec de nombreux bénévoles occidentaux, qui offrent plusieurs semaines de leurs vacances pour venir travailler sur le terrain de la misère. Chose étonnante, pour rejoindre l’association, pas besoin d'avoir suivi des études médicales. Certes, des étudiants infirmiers ou en médecine font partie des volontaires. Mais " Action Bénarès " accepte aussi des novices motivés : voyageurs de passage, éducateurs, fonctionnaires, femmes au foyer, retraités… Pour peu que les volontaires financent leur voyage et leur hébergement.
Sur place, après une semaine de mise en condition par l'observation des actions sur le terrain, ils sont formés à changer des pansements, à laver les malades et à sourire aux lépreux. " C'est déjà énorme pour ces malades abandonnés de tous. Et pour offrir un sourire ou apposer une caresse sur une joue mutilée, il n'est pas nécessaire d'avoir un doctorat", explique le médecin avec un large sourire.
Car malgré leur environnement quotidien, Bernard et Anna ne développent pas la sinistrose. Bien au contraire. Tous ceux qui ont eu le bonheur de les rencontrer vous le diront, ils débordent d’humour. " Une arme indispensable quand on veut continuer à se battre pour les autres, même si les moments de découragement existent, reconnaît Bernard. Quand un patient décède ou que l’argent vient à manquer. Mais nous devons surmonter ces épreuves pour nous consacrer pleinement aux autres. À ceux qui n’ont que nous pour leur porter un peu d’attention ".
Sur le terrain, avec " Action Bénarès ", pas le temps pas le temps de s'ennuyer. Un jour, l'équipe se transporte dans la gare de la ville sainte et apporte quotidiennement un peu de solidarité à plus de cent personnes. " Parfois, il faut courir derrière un malade qui a peur de se faire soigner, tellement la démarche lui semble incongrue ". Le lendemain, l'équipe se retrouve dans la salle des brûlés de l'hôpital local, pour soigner des femmes " victimes à 90 % d'actes criminels, pour de sordides histoires de dote ", s'énerve l'humaniste qui souligne amer : " les lésions sont tellement graves, que plus de 85 % de mes patientes décèdent ". Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que s’il n’était pas là, la mortalité serait proche des 100 %. Ce combat pour les femmes brûlées est la dernière croisade en date de Bernard et Anna. Un combat qu’ils sont les seules à mener dans ce pays, car le gouvernement indien ne fait rien, ou presque, contre les auteurs de ces crimes. Tradition oblige !
Les médecins français se rémunèrent à peine 200 euros par mois. "Somme suffisante pour vivre dans des conditions correctes sur place", selon Bernard. Malgré des conditions de vie à l’indienne, l’argent manque souvent, car l’association ne subsiste que grâce aux dons des rares occidentaux qui connaissent et soutiennent l’association. "Des donateurs nous envoient des médicaments. Mais actuellement, le gouvernement indien m'en bloque plus de 400 kilos à New Delhi. Les Indiens ne comprennent pas pourquoi on dépense tant d'argent pour envoyer d'Occident des médicaments qui, pour la plupart, sont fabriqués en Inde par les plus grands laboratoires européens et américains. Il est vrai qu'en achetant sur place ce dont on a besoin, on en obtient des quantités dix fois supérieures, tout en faisant travailler le pays "."
(Action Bénarès : Anna et Bernard-Yves Sabot
House n°. B 3/22, Post - Shivala, Bhadaini,
Vanarasi - 221001 (U.P) India
Téléfax : 009-542-2312193.
Mobile 3333069 ou 3333073.
E.mail : actionbenares@yahoo.fr)...

Et ces gens sont effectivement plein de vie, un grand sourire aux levres et pas mal d`energie. Il faut dire que le sourire des mendiants soignes fait chaud au coeur. Aujourd`hui nous les avons seulement accompagnes sur le ghat principal ou ils se rendent 3 fois par semaine pour bander et desinfecter les plaies "benines" des gens vivants dans la rue. Certains jours ils travaillent a l`hopital au service des grands brules ou au service orthopedique, d`autres ils vont dans les bidonvilles ou a la leproserie.
Malheureusement pour nous il ne nous est pas possible de les aider en ne restant que 10 jours, c`est trop court. Ils ont aussi deja 7 medecins fixes (4 occidentaux et 3 indiens) et ont quelques benevoles, donc n`ont pas absolumment besoin de mains. Cepedant nous allons leur proposer de rester un mois ici et de les aider s`ils en ont besoin. Il nous faudra renoncer a la conquete de l`himalaya dans ce cas la... mais rien n`est encore decide, nous en discuterons ce soir en pesant le pour et le contre...
Nous sommes harasses de chaleur, trempes et perdant environ 3kg d`eau par jour. C`est finalement une telle chance d`etre en bonne sante que plus rien n`importe.

4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Vous ne bouffez plus?

17:09  
Anonymous Anonyme said...

L'himalaya est aussi une grosse poubele. Fréquentée par des gens différents, c'est tout. 30 tonnes de détritus, il ont enlevés lors du dernier nettoyage (1985)

17:15  
Anonymous Anonyme said...

hmm hmm...

ca pourrait etre interressant de participer un peu a la vie local, surtout si c'est pour aider... j'veux dire, vous avez tout le temps d'etre égoîste :) et puis, si vous le fait pas vous allez le regretter en plus...
Enfin, moi je dis ça... c'est a vous de voir.

Bisous...

02:29  
Anonymous Anonyme said...

Zoé, mefie toi, les lépreux peuvent avoir la rougeole, maladie contagieuse contre laquelle tu n'as aucune défense

12:27  

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