C'est pas qu'on vous boude, c'est pas que nous n'aimions plus notre saga blogueste, c'est que nous sommes des hommes presses, bla bla bla, on n'a plus le temps, voila. Deja la, on se fend d'une heure pour vous raconter nos conneries au lieu d'aller visiter "Le Chââteau" ou "La Chââpelllle". Non, bon d'accord, c'est pas vrai, on ne visite plus les chateaux depuis qu'on a decide de le faire.... Bref.
Nous etions a Cracovie, on ne sait meme plus quand (on a un de ces foutoirs dans la tete !). Cracovie c'est joli. C'est bonde de touristes et d'attrape-couillons. Et c'est dommage parce que ca donne a la ville un aspect plastique. Nous, on a prefere Varsovie, c'est plus vrai, plus naturel comme ville, n'en deplaise aux gens qui nous ont dit le contraire. Les gens disent vraiment n'importe quoi (...notamment dans les blogs...). Et si vous voulez plus de details sur Cracovie (le chateau, le quartier juif, la cathedrale, tout ca...), allez y vous meme !
Cependant, nous avons quand meme passe une semaine formidable a Cracovie, parce que nos hotes ont ete extra super chouettes (nice en ineglich). D'abord, nous sommes tombes sur Ania (oui, toutes les polonaises s'appellent Ania, comme ca c'est simple, on est sur de pas se planter). Ania, elle a un enorme sourire, elle est toujours en train de se marrer, elle est bavarde ! C'est la pire guide de tout Cracovie, mais elle s'est occupee de notre sort le soir, nous a presentes plein d'amis avec qui nous avons discutaille de la vie, de la mort, de l'amour et du reste. On a du resister a sa mere, qui comme les bulgares ou les russes, voulait absolument nous faire gouter la liqueur locale, en l'occurence une liqueur faite maison, une horreur... Le dernier soir, encore vivants malgre la liqueur, nous nous sommes joints a un meeting Hospitality Club, bref a une reunion des membres Cracoviens avec leurs hotes. Et comme avec HC ca part souvent en sucette, on a fini par discuter avec Skip, l'ours d'Alaska (??) et a chanter Gainsbourg a tue-tete avec Trevor le New-Yorkais (???).
Ensuite, nous sommes alles chez Kris, notre second hote. Un mec super, qui parle toutes les langues et qui passe son temps a voyager. On a passe nos soirees a se raconter les histoires droles de voyage, des anecdotes sur les russes, les turcs, les kazhakstanais, les turkmenes...
Et nous sommes partis, parce qu'il le fallait bien, vers notre voiture, vers le plus beau pays au monde. En un coup de teletransportation, nous etions en Bulgarie... qui est vraiment le plus beau pays au monde. A Burgas, sur les cotes de la Mer Noire, nous avons retrouve Michel et notre R9. Ni l'un ni l'autre n'ont pris un cheveux blanc, toujours les memes (meme si Michel pretend qu'il a maigri). A Burgas, il fait 35°C, l'eau est chaude, les gens passent leur temps sur les terrasses (les Bulgares ont decide d'arreter totalement de bosser), la vie est belle, les filles sont superbes, les gens se marrent. C'est le seul pays d'Europe ou les gens roulent encore en caleche sur l'autoroute (en Roumanie aussi, mais ils n'ont pas d'autoroute...). La Bulgarie, c'est le desert du Rajasthan, c'est la jungle thaie, c'est la gentillesse russe, c'est les routes roumaines, c'est les filles d'Ukraine, c'est le kebab turc, c'est la chaleur et les briques rouges de la mediterrannee, c'est les montagnes suisses, c'est le Causse aveyronais. C'est simple, comme ils le racontent eux memes, le jour ou Dieu a partage la Terre entre les peuples, les Bulgares sont arrives a la bourre, les derniers en fait (ils etaient en train de trinquer avec les Russes), et comme il ne restait plus de terres, Dieu leur a file un petit bout de Paradis. Le plus beau pays du monde. Alors on en a profite pour manger des pizzas a 50 cents, se baigner dans la Mer Noire, et rigoler avec nos amis bulgares.
Parce que bien sur, nous avons revu Michel qui s'est bien occupe de notre lovely car en lui mettant de nouveaux pneus, un nouvel embrayage, de l'huile toute neuve... Il y a meme son ami depressif qui a fait le menage a l'interieur ! Ensuite nous avons file vers les Rhodopes, a Assenovgrad, ou nous avions rendez vous avec Alex, Shteryo et Vassil. Ce furent les grandes embrassades, on ne savait plus si on s'etait vu hier ou il y a 6 mois. On n'est reste que 24 heures mais la prochaine fois, c'est a Milan qu'on se voit puisqu'Alex y va en Erasmus, etudiante photographe. Comme nous avions encore beaucoup de route a faire (direction Bratislava !), Monsieur Kishisheva (papa d'Alex) a, selon la tradition Bulgare, de nouveau offert le rakia du depart a Pierre. Monsieur a ouvert son illustre bouteille en declarant fifty-fifty et en donnant sa part a Pierre dans une bouteille de Vittel : "bonne route et soyez prudents surtout !". Mais sans l'aide du rakia, on est arrive a Sofia ou nous avions rendez-vous avec Rutty et Vasselin qui eux aussi etaient contents de nous revoir. Bref, c'est au comble du desespoir qu'il a fallu se decider a partir, a s'arracher du plus beau pays au monde, en declinant a regret les invitations de nos nouveaux amis autostoppeurs ("Mais si, restez, nous irons a la campagne"), d'Alex ("Mais si, restez, nous irons dans les Rhodopes"), de Rutty ("Mais si, restez, nous irons a la plage").
Voila comment nous nous sommes retrouves sur la route a nouveau. Pour atteindre Bratislava, en principe, il faut passer par la Serbie, Belgrade, puis par Budapest. Et les Serbes, qui ne sont pas plus cons que d'autres, exploitent a fond les ressources humaines en faisant payer des taxes exorbitantes et en faisant passer les gens par l'autoroute. Or, comme on n'est pas venu jusqu'ici pour voir une autoroute et payer des taxes aux douaniers et aux politiques corrompus, nous en avons deduit que Timisoara en Roumanie etait tout a fait sur le chemin aussi. Alors nous voilames partis, roulant a pleine puissance, le coeur joyeux soulage de toute taxe... Nous sommes passes d'abord par un col bulgare, 3 heures apres nous avions fait 100 kms. Puis le coeur serre nous avons pris le bateau pour traverser le Danube et passer en Roumanouch. La R9 a un peu eu le mal de mer, mais nous pensons que c'etait aussi l'emotion de quitter la Bulgarie, son second pays maintenant. Bref, c'est aussi sur ce foutu bateau que les desillusions ont commence... Parce que les Serbes sont peut etre penibles, mais les Roumains ils sont carrement chiants. D'abord il a fallu payer le bateau (prix R9 immatriculee en Aveyron), apres il a fallu payer la taxe de debarquement, et puis la taxe des routes et la taxe des pneus, et la taxe du pare brise, et la taxe pour le reste... On avoue que passee la 1ere taxe, on a accelere et on est passe sous le nez des guichets pour les autres taxes, conclusion on avait pas la rovigneta obligatoire et on s'en foutait. Nous avons coupe au plus court, d'abord sur une petite route, finalement en bon etat, et puis sur une grande route qui aurait du etre encore mieux... c'etait sans compte sur la dde roumaine qui s'amuse a demolir les routes sans les refaire apres... Un vrai film fantastique... un vrai calvaire... on nageait dans l'irreel (realite roumaine) entre deux trous, deux feux rouges qui marchaient plus, deux chemins de terre, des bouchons de camions qui comme nous croyaient avoir pris la grande nationale. En clair on a mis 4 heures a faire 5o bornes. Le lendemain on a finalement vu se profiler la frontiere hongroise avec soulagement. Comme on avait toujours pas la rovigneta, nous sommes aussi passes en trombe devant les guichets de douane roumaine... et hop la. Apres tout c'est l'Europe !
Voila comment nous sommes revenus a la civilisation. Plus de charettes tirees par les chevaux tsiganes ornes de pompoms rouges, plus de vieux assis au bord de la route, plus de babouchkas au foulard decolore, plus de chiens qui courent a cote des voitures, plus de gamins dans les champs... Nous avons vu se profiler l'ouest, avec ses grandes autoroutes, ses champs tout plats bien moissonnes, ses grandes usines propres au dessus desquelles passent les avions, ses grosses mercedes qui foncent a 2oo a l'heure. En traversant la Hongrie, nous sommes finalement arrives a Bratislava puis a Vienne... C'est l'ouest, on a passe le rideau de fer sans probleme. Deconnez pas, l'Europe ca sert pas seulement a payer plus cher, ca sert aussi a supprimer les frontieres... menfin, a part pour les roumains qui comprennent rien, on a toujours passe une douane. Mais nous avec notre R9 nous sommes avantages parce qu'on nous dit tout le temps de circuler (et plus vite que ca). Racistes...
Bon, en clair, Bratislava c'est tres mignon, c'est tout petit. Ce serait un peu dans le genre de Tallinn, sauf que ca fait moins bourgeois et surtout moins ville creee pour les touristes. C'est tres tranquille, on se promene dans des petites rues pavees pour atterir sur la place du village ou la place de la mairie ou les terrasses des cafes entourent de grands platanes. On ferme les yeux et on se croit presque dans un petit village des Pyrennees orientales, con ! Et en plus il a un chateau ! Quant a Vienne, c'est grand, c'est bourgeois, ca ca va pas vous etonner ! C'est pas moche, mais ca ne souleve pas le coeur non plus. Vienne est d'une beaute ennuyeuse... Les facades classiques se ressemblent et se suivent entrecoupees de quelques fleurons baroquisants... c'est chiant !!!! On comprend maintenant pourquoi lorsqu'il pleut sur Vienne, elle a le coeur chagrin... Menfin n'en deplaise a la melancolie de Barbara, il y a quand meme notre ami Hundertwasser qui creve l'ecran et met du soleil meme dans les coeurs les plus tristes. "La ligne droite est sans dieu", et chez lui ca tourne, ca contourne, ca se souleve, ca eclate de couleurs. Comme dirait le guide du routard, "Nous, Hundertwasser, on aime !". Ouais. Le musee est magnifique, les maisons sont aussi surprenantes que ce qu'on imagine. Dommage qu'il soit mort, il aurait du faire un tour dans la Seine st denis. Menfin cela ne nous regarde pas...
Avant de s'endormir a Vienne, nous filons vers Salzburg ou il parait que le baroque est tres choli. Ca nous fait une belle jambe. En plus notre lovely car, elle a horreur du baroque. Quant a nous et quant a vous, on se telephone !