Un petit goût de reviens-y

quelqu'un aurait-il vu ma brosse à dent ?

vendredi, mars 30, 2007

des langoustes aux lepreux...

Chers compatriotes,
Nous avons quitte Puri et ses lagoustes (a moins de 3euros la langouste ca donne des idees) pour finir notre remontee. 24h et 1200 kms plus tard, nous sommes a Varanasi-Benares.
Notre trajet en Inde, si l`on se penche sur une carte et que l`on y trace notre parcours, est assez etrange, c`est comme si l`on rasait les murs ! Nous sommes ouverts a toute analyse psychologique et therapeutique...
Quoi qu`il en soit, nous y sommes. Benares est une des villes les plus sacrees de l`Inde, la cite de Shiva, la ville du Gange sacre. Il y a d`abord les grandes avenues bruyantes et surpeuples, puis les dedales de ruelles plus fraiches,et enfin les ghats bouillants qui suivent la courbe du Gange. Sur ces ghats se pressent les enfants qui improvisent une partie de criket ou plongent dans le fleuve, les sadous qui meditent sur le cours du temps, les femmes qui meditent sur la proprete de leurs linges, les touristes qui essaient d`eviter les emmerdeurs (hello boat, hello boat, hallo boat...), les indiens qui se meurent, ceux qui sont la en pelerinage, bref toute l`Inde.
Certains ghats acceuillent les buchers. Puisqu`ici les hindous viennent mourir. Etre incinere ici pour que leurs cendres finissent au fond du Gange permet de rompre le cycle des reincarnations. Ca rigole pas avec le karma ! Des piles de bois de differentes qualites (destinees aux differentes castes) s`amoncellent. Ici sont brules 24h sur 24 plus de 200 personnes par jour.
Les corps enveloppes dans des tissus et des ornements sont d`abord trempes dans le Gange, puis deposes sur le feu sacre de Shiva. On reconnait les femmes par leur tissu orange, les hommes par le tissu or, les jeunes filles par le rouge, et les jeunes garcons par le blanc. C`est le fils aine qui allume le bucher de son pere, ou le fils cadet celui de sa mere, le mari celui de sa femme. Seuls les bebes, les femmes enceintes, les lepreux, les victimes d`une piqure de serpent sont jetes tels quels dans le Gange. Sur le ghat, il n`y a pas de femmes, parce leurs pleurs retiennent le karma (ben voyons !). Les differentes castes sont brulees a hauteur differentes, avec un bois de plus en plus couteux. Moins il est cher, moins le bois brule bien, plus l`odeur est mauvaise... bref.
Quant aux Gange, il est sale. C`est le fleuve le plus pollue au monde. Les corps en decomposition s`ajoutent aux egouts et au plastique... Ca n`empeche que les gens y font leur ablutions. C`est comme ca. Il parait que plusieurs associations essayent de convaincre les hindous de se faire plutot inhumes aupres du fleuve. Nous trouvons cela bien surprenant... au lieu d`emmerder ces gens il serait peut etre plus judicieux de faire connaitre l`usage de la poubelle. Il est absolumment impossible de trouver une poubelle en Inde. C`est par moment a crier de rage. Eux memes jetent tout par terre sans aucun remord, c`est normal. Les voies ferrees sont des dechetteries sur des centaines de km. D`accord les rues en ville sont nettoyees par les chiffoniers ou les vaches, mais des qu`il y a un trou ou une falaise ou un fleuve, les indiens jettent la (peut etre dans leur esprit cela fait plus propre, les dechets sont caches ou derivent) et c`est irattrapable. Nous qui ne pouvons nous resoudre a jeter par terre nos bouts de plstiques, essayons de demander une poubelle ou autre, mais au final cela se retrouve toujours par terre. C`est un fleau. Comme de voir les californiens depenser une eau precieuse dans l`arrosage de leur jardin, il est insupportable de voir la facon de faire des indiens. On aimerait crier, les secouer, mais ca nous depasse largement, et eux aussi d`ailleurs.
Passons sur l`etat lamentable du fleuve sacre pour en venir aux infections que l`eau contaminee engendre. Nous avons rencontre les docteurs d`action Benares qui s`occupent benevolement de soigner les plaies et les maladies des plus demunis. Nous reprenons le texte d`un des benevoles pour vous presenter l`association :

"Les Indiens l'appellent " Doctor Sab ". Depuis 1973, Bernard-Yves Sabot, un médecin français, soigne bénévolement les oubliés de la croissance indienne. De la migraine à l'amputation, la plupart de ses actions sont menées dans la rue. Pour recueillir les fonds et recruter les bénévoles indispensables à sa croisade, ce Don Quichotte de l’humanitaire a créé une association : "Action Bénarès".
" À l'origine je suis psychiatre, explique Bernard le docteur Sab, aujourd'hui âgé d'une soixantaine d'années. Mais mon doctorat en poche, je suis aussitôt parti en Inde pour fuir mon quotidien. En fait, je ne savais pas ce que j'allais y faire. Comme j'étais jeune médecin, je me suis dit que je pouvais être utile dans ce pays déshérité. Surtout qu'après avoir joué les routards quelques mois, je me suis rendu compte de la situation sanitaire déplorable du pays où une frange importante de la population n'a pas accès aux soins ".
Il décide alors d'aller à Calcutta. Il frappe à la porte d'un centre et se retrouve face à un " p’tit bout de femme " d'origine albanaise. " J'étais devant mère Teresa ". À l'époque, celle à qui l'Inde entière a offert des funérailles nationales, n'était connue que des quelques centaines de lépreux dont elle s'occupait. " Médecin ? C'est bien ! dit-elle, lorsque Bernard se présente, mais ici on a surtout besoin de bras pour ramasser les cadavres. Alors, si vous vous en sentez la force, vous êtes le bienvenu ! " Bernard, athée convaincu, pensait offrir quelques mois de son temps. Il restera 4 ans dans ce mouroir.
À la suite de cette expérience il atterrit, un peu par hasard à Varanasi ; nom indien de la ville sainte de Bénarès, située sur les bords du Gange. " Devant les milliers de lépreux et indigents livrés à eux-mêmes, je me suis dit que c'est là que je pouvais être utile ". Il venait de croiser son destin.
Depuis, il n'a plus quitté cette ville où il réside et où il a créé une petite association humanitaire " Action Bénarès ". Association qu'il anime avec Anna sa jeune épouse d’origine espagnole, elle aussi médecin ; et plus récemment avec Véronique, spécialiste des maladies tropicales. Véronique est la dernière professionnelle occidentale recrutée, car désormais Bernard et Anna forment des Indiens aux soins d'urgence. "À terme, les plus investis deviendront de brillants médecins. C'est le moins que je puisse faire pour ce pays qui m'a tant donné. Car au fil du temps, j'ai développé une véritable philosophie du partage ".
Cependant, " Action Bénarès " fonctionne aussi avec de nombreux bénévoles occidentaux, qui offrent plusieurs semaines de leurs vacances pour venir travailler sur le terrain de la misère. Chose étonnante, pour rejoindre l’association, pas besoin d'avoir suivi des études médicales. Certes, des étudiants infirmiers ou en médecine font partie des volontaires. Mais " Action Bénarès " accepte aussi des novices motivés : voyageurs de passage, éducateurs, fonctionnaires, femmes au foyer, retraités… Pour peu que les volontaires financent leur voyage et leur hébergement.
Sur place, après une semaine de mise en condition par l'observation des actions sur le terrain, ils sont formés à changer des pansements, à laver les malades et à sourire aux lépreux. " C'est déjà énorme pour ces malades abandonnés de tous. Et pour offrir un sourire ou apposer une caresse sur une joue mutilée, il n'est pas nécessaire d'avoir un doctorat", explique le médecin avec un large sourire.
Car malgré leur environnement quotidien, Bernard et Anna ne développent pas la sinistrose. Bien au contraire. Tous ceux qui ont eu le bonheur de les rencontrer vous le diront, ils débordent d’humour. " Une arme indispensable quand on veut continuer à se battre pour les autres, même si les moments de découragement existent, reconnaît Bernard. Quand un patient décède ou que l’argent vient à manquer. Mais nous devons surmonter ces épreuves pour nous consacrer pleinement aux autres. À ceux qui n’ont que nous pour leur porter un peu d’attention ".
Sur le terrain, avec " Action Bénarès ", pas le temps pas le temps de s'ennuyer. Un jour, l'équipe se transporte dans la gare de la ville sainte et apporte quotidiennement un peu de solidarité à plus de cent personnes. " Parfois, il faut courir derrière un malade qui a peur de se faire soigner, tellement la démarche lui semble incongrue ". Le lendemain, l'équipe se retrouve dans la salle des brûlés de l'hôpital local, pour soigner des femmes " victimes à 90 % d'actes criminels, pour de sordides histoires de dote ", s'énerve l'humaniste qui souligne amer : " les lésions sont tellement graves, que plus de 85 % de mes patientes décèdent ". Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que s’il n’était pas là, la mortalité serait proche des 100 %. Ce combat pour les femmes brûlées est la dernière croisade en date de Bernard et Anna. Un combat qu’ils sont les seules à mener dans ce pays, car le gouvernement indien ne fait rien, ou presque, contre les auteurs de ces crimes. Tradition oblige !
Les médecins français se rémunèrent à peine 200 euros par mois. "Somme suffisante pour vivre dans des conditions correctes sur place", selon Bernard. Malgré des conditions de vie à l’indienne, l’argent manque souvent, car l’association ne subsiste que grâce aux dons des rares occidentaux qui connaissent et soutiennent l’association. "Des donateurs nous envoient des médicaments. Mais actuellement, le gouvernement indien m'en bloque plus de 400 kilos à New Delhi. Les Indiens ne comprennent pas pourquoi on dépense tant d'argent pour envoyer d'Occident des médicaments qui, pour la plupart, sont fabriqués en Inde par les plus grands laboratoires européens et américains. Il est vrai qu'en achetant sur place ce dont on a besoin, on en obtient des quantités dix fois supérieures, tout en faisant travailler le pays "."
(Action Bénarès : Anna et Bernard-Yves Sabot
House n°. B 3/22, Post - Shivala, Bhadaini,
Vanarasi - 221001 (U.P) India
Téléfax : 009-542-2312193.
Mobile 3333069 ou 3333073.
E.mail : actionbenares@yahoo.fr)...

Et ces gens sont effectivement plein de vie, un grand sourire aux levres et pas mal d`energie. Il faut dire que le sourire des mendiants soignes fait chaud au coeur. Aujourd`hui nous les avons seulement accompagnes sur le ghat principal ou ils se rendent 3 fois par semaine pour bander et desinfecter les plaies "benines" des gens vivants dans la rue. Certains jours ils travaillent a l`hopital au service des grands brules ou au service orthopedique, d`autres ils vont dans les bidonvilles ou a la leproserie.
Malheureusement pour nous il ne nous est pas possible de les aider en ne restant que 10 jours, c`est trop court. Ils ont aussi deja 7 medecins fixes (4 occidentaux et 3 indiens) et ont quelques benevoles, donc n`ont pas absolumment besoin de mains. Cepedant nous allons leur proposer de rester un mois ici et de les aider s`ils en ont besoin. Il nous faudra renoncer a la conquete de l`himalaya dans ce cas la... mais rien n`est encore decide, nous en discuterons ce soir en pesant le pour et le contre...
Nous sommes harasses de chaleur, trempes et perdant environ 3kg d`eau par jour. C`est finalement une telle chance d`etre en bonne sante que plus rien n`importe.

dimanche, mars 25, 2007

Un long voyage

Nous vous avons quitte a Mamallapuram et n`avons pas ecrit depuis parce que nous avons fait un long voyage, 1300 kms en 48 h ca occupe !
Il faut d`abord revenir a Mamallapuram. Comme on vous a deja dit c`est petit Mamallapuram, il y a 2 rues perpendiculaires, l`une mene a la plage et rassemble touristes et infrastructures adequates, dans la 2nde on retrouve les echoppes indiennes et la circulation. C`est calme, tout le monde se connait et l`on prend vite des habitudes. Si l`on continue en suivant la mer on arrive aux temples. Et la, si le village est petit, l`espace rocheux ou sont entailles les temples parait immense. C`est sympa Mamallapuram.
Quant a nos cocottes en papier, elles ont fait fureur, et les enfants nous attendaient le lendemain. Sans menager nos heures de labeur on leur a confectionne une grande carte de l`Europe pour decorer leurs murs. Au sujet de l`Europe d`ailleurs nous aurions bien simplifie les choses... c`est le bordel a certains endroits ! Croatie, Serbie, Bosnie, etc, allez Yougoslavie ! Ou mieux que ca, nous avons ete tentes de reconstituer l`Empire austro-hongrois et meme l`Empire ottoman ! Par souci d`ethique nous nous sommes resolus a representer tous les pays, meme les plus petits (meme la Corse !). Bref un projet geographique qui a suscite des regards admiratifs. Les enfants aussi nous avaient prepare quelque chose. Ils se sont mis en cercle, ont pris le tambourin et nous ont fait danser la danse du singe (apres la danse de l`ours !). Ridicules nous avons ete mais fiers nous sommes.
En autres activites nous avons achete pour la premiere fois un sac de 75 kg de riz. Ca pese son poids. Et on a teste la mode locale en faisant de la mobylette a 3. Le dernier jour nous nous sommes mis en tete d`explorer les environs et avons loue une mobylette. Nous avons cru retrouver nos 15 ans et sommes partis les cheveux dans le vent, des moustiques plein les yeux, en longeant la mer, dans le Tamil Nadu.

C`est apres que commence la remonte vers le nord. Nous avons d`abord rejoint Madras, dans un bus meme pas bonde, ou nous avons passe l`aprem juste le temps que nos pieds se detendent sur les dalles chaudes du plus vieux temple palavien du coin et de prendre quelques photos du marche aux fruits et legumes.
Le train est parti en direction de Bubaneswar vers 23h. Nos voisins de voyage etaient ravis de rencontrer des etrangers et n`ont pas arrete de nous parler. Si bien que pendant la journee du lendemain, ou le train finissait de parcourir les 1200 kms, nous nous sommes sans cesse fait reveiller par des indiens qui voulaient discuter et qui trouvaient qu`on dormait trop. Ils sont rigolos parce qu`ils sont tres curieux et bavards comme des filles. On parle de la France, de l`Inde immense et diverse, d`argent, de films, de nos gouts alimentaires (on mangerait bien une de leurs vaches sacrees !)... tout ca en comprenant un mot sur deux, soit a cause du bruit, soit a cause de leur accent, soit par manque de vocabulaire, mais ca suffit pour discuter. A 20h nous sommes descendus du train en s`embrassant tres fort et en se promettant de s`ecrire...
Ainsi gare de Bubaneswar, 20h, encore 2h a attendre pour prendre le train vers Puri, retard en plus : 3h. A 23h le passenger Bubaneswar - Puri arrive, il faut encore 2h pour faire 50kms (faut pas etre presse). Heureusement il y a toujours un voisin pour faire la conversation et passer le temps. Cette fois on nous parle de l`heritage historique de l`Orissa. Parce que les indiens savent souvent beaucoup de choses et s`interressent a tout.
Bref, Puri, il est 1h du mat. La gare est vide, il ne reste plus que ceux qui dorment devant, amas heteroclyte de rickshaws, de mendiants, de sadous, de femmes et d`enfants. L`aimble flic de l`entree conscent a nous laisser dormir dans la gare, nous et quelques egares de notre espece. Nos nouveaux voisins venant du nord-est de l`Inde, a plus de 1000 kms d`ici, sont touristes autant que nous, sont tres bavards et commencent a nous raconter leur voyage, leur vie. Nous avons passe la nuit a jouer au rami. A 6h, le jour leve, on a pu prendre un rickshaw direction l`hotel, fatigue pressant. Voila comment on traverse une grande partie de l`Inde en 48h.

Quant a Puri, c`est un des points cardinaux de l`Inde et un lieu sacre. C`est une ville excentrique ou les rickshaws attendent a la gare en fumant d`enormes chilom de marijuana ou d`opium et rigolent quand on leur demande s`ils conduisent apres. On essaie quand meme d`en choisir un qui marche a peu pres droit !
Notre petit hotel (juste a cote du Z hotel pour ceux qui connaissent) est juste en face de la mer avec un jardin potager interieur. C`est tres mignon et dans la categorie pas cher (3euros la chambre). A Puri il y a le quartier plage a cote du village des pecheurs. C`est en descendant vers les terres qu`on trouve la ville animee et agitee avec son temple et la circulation.
Nous sommes bien, on se repose apres une longue route. On profite de Puri et de son climat plus frais (il fait chaud quand meme) puisque nous sommes a nouveau dans l`Inde du nord.

mardi, mars 20, 2007

Sous une pluie de cocottes en papier...

Depuis Madurai particulierement, nous apprecions nos lieux de perigrinations. Tout ca pour dire que nous sommes sous le charme du Tamil Nadu. La region est moins reputee que sa voisine, le Kerala, d`ailleurs les commercants s`en plaignent. Il parait que c`est moins touristique. Mais nous ne pouvons pas le voir parce que maintenant se finit la saison et nous nous retrouvons un peu seuls, et c`est tant mieux (un peu de repos avant l`agitation de Kathmandu). En tout cas la region nous plait, les gens sont plus calmes.
Nous sommes a Mamallapuram ou le bus a bien voulu nous conduire (on etait meme assis !!). La ville, ou plutot le village, est une petite merveille de calme et de bien etre. D`abord c`est tout petit Mamallapuram, et on sent les airs de campagne. C`est un village de pecheurs. Quant au tsunami, les gens n`en parlent pas, et nous ne pouvons que l`imaginer. Car il y a la mer, et une longue plage deserte ou l`on voit les pecheurs partir et revenir.
Enfin il y a des temples, palaviens (si quelqu`un sait ce que ca veut dire, pouvez vous nous envoyer la definition ?). Palaviens ou pas, certains se dressent sur le sable entre terre et mer, d`autres se nichent a meme la roche.
Et il fait chaud.
Nous avions contacte le seul membre d`hospitality club inscrit a Mamallapuram. M. Johnson ne nous heberge pas, mais nous fait decouvrir son orphelinat. Nous avons donc fait connaissance d`une vingtaine de petits bonhommes. En fouillant dans nos souvenirs de travaux pratiques sans rien, nous nous sommes debrouilles pour trouver des feuilles blanches pour leur faire faire des cocottes en papier (technique inconnue au bataillon tamoul). Mais meme les plus petits y sont arrives, non seuleument a plier comme il faut pour mouvoir l`objet, mais aussi le coloriage interne.
Sachez a ce sujet qu`un petit indien ne dessine pas de chat, et est fort etonne de voir nos representations felines. Eux, ils ont voulu dessiner des bananes. Et leurs bateaux-pirogues ne ressemblent pas a nos voiliers.
Le tout confectionne a donne une cocotte pour apprendre le francais... Donne un chiffre, choisi un dessin... comment dit on hello en francais ? Reel succes... la maitresse en voulait presque un ! Mais c`est quand meme un peu triste de voir ces tout petits qui se pressent sur nos genoux pour mieux voir au tableau, ne pas ecrire par terre, et surtout par manque d`affection. Tous n`ont pas un crayon, mais tous savent ecrire et lire. Il n`y a pas grand monde pour s`occuper d`eux mais mangent et dorment a l`abri. Les benevoles indiens se remplacent pour les occuper et cherchent a faire venir des etrangers pour jouer avec les enfants et faire une donation. Ils ont besoin de tout, et acceptent en premier le riz. Nous ferons demain des emplettes pour 75 kilos de riz, avant d`aller manger avec eux. Le seul probleme est que l`organisation est catho, ce qui nous fait etre mefiants au 1er abord. Nous ne donnerons pas d`argent.
Voila, les poulets, les nouvelles de l`est. Il parait qu`il neige chez vous ?

samedi, mars 17, 2007

Les moules frites de Pondichery.

A la question "Que reste t-il de la France a Pondichery ?", nous repondrons : Nous, quelques noms de rues, une statue de Jeanne d`Arc (??) et un monument aux morts de la guerre 14-18 (???). Nous n`avons pas non plus trouve de dupleix, seulement une chambre pas trop sale, mais pas trop propre non plus. Pour ceux qui ont pas compris la blagounette, reportez vous a vos livres d`histoire (Chapitre Sarkozy : Les bienfaits du colonialisme).
En tout cas, comme disait je ne sais plus quel voyageur francais au XVII, nous ne savons pas pour quelles raisons les francais ont choisi de s`installer dans un coin aussi paume. Parce qu`il faut se la taper l`heure de bus pour aller de la gare de train a Pondichery. Un bus comme les autres, surcharge au possible, et evidemment on se retrouve toujours entasses tout devant histoire d`etre aux premieres loges pour voir le compteur de vitesse s`affoler et le bus pencher a 45 degres.
De plus il fait une chaleur INSUPPORTABLE. 40 degre a l`ombre. Si bien que ca donne envie de s`enfermer dans sa chambre d`hotel pour roupiller toute l`aprem.
La ville est surprenante. Figurez vous que les rues sont propres, les maisons repeintes a la chaux et le plan en quadrillage ! Les gens jouent a la petanque ! Et c`est relativement calme. Cela n`empeche qu`il y a un nombre incalculable de gens qui crevent de faim dans la rue. Felicitations.
La jetee est assez sympa mais rien de transcendant (ca rapelle un peu Canet plage en moins bien). Quant a la plage, un peu plus loin au nord, elle n`est pas tres jolie, mais il y fait bon et l`eau n`est pas dangeureuse. Par contre, pour y acceder, on est oblige de croiser les aurovilliens, et c`est pas un cadeau. Explications : dans les annees 60, un architecte francais decide d`etablir la une communaute internationale vivant en parfaite harmonie, bla bla bla. Conclusion, ce que l`on voit c`est une bande de blaireaux qui sont au soleil et qui mangent dans des resto tenus par des etrangers (toujours pas d`indiens) et qui sont hors de prix. En plus, aucun inscrit sur hospitality club. Elles sont belles les idees de paix, et de partage !! Ca ressemble aux cathos.
Cela n`empeche que nous nous sommes aussi mouilles les doigts de pieds dans de l`eau toujours aussi chaude, et que nous nous abreuvons de grape juice DELICIEUX. Pas besoin de rajouter de l`eau ou du sucre, le fruit et rien que le fruit. Les moines en auraient laisse tomber leur vin de messe. Nous avons aussi experimente nos premiers bars indiens pour le moins pitoresques. C`est pour le coup tres crade, mais on se sent en Inde. C`est joyeux et loin des bars a touristes ou les bieres sont servies en douce sous la table pour 5 fois le prix reel. Dans ces wine shop legaux (on trouve de tout sauf du vin), les indiens boivent des petites flasques de whisky coupe a l`eau, ce qui est un peu etonnant. Quant a nous, on se contente de la kingfisher, delicieuse biere sans gout, voire aussi coupee a l`eau, qui coute quand meme 1 euro le litre.
Demain, nous partons pour les temples de Mamallapuram. Nous commencons notre remontee vers le nord. Malheureusement nous n`aurons pas le plaisir de regarder la vie nocturne de la gare ferroviaire avec ses trains et ses passagers charges ou presses, avec les femmes, leurs saris colores, les fleurs fraiches accrochees au noir de leurs cheveux tresses, et qui contrastent avec les murs sales et poussiereux de la gare. Nous prendrons le bus au peril de nos vies.

mercredi, mars 14, 2007

Do you speak tamoul ?

Nous sommes dans l`antre des tamouls... pas question de parler hindi, ici ce sont les Jose bove du sud de l`Inde. Nous, on s`en fout, on ne fait guere la difference. De toute facon, one roupee, one pen, please one rikshaw, change money, etc, ca se dit pareil en hindi et en Tamoul.
Menfin nous avons quand meme visionne cette aprem notre 1er film tamoul. Il s`agissait d`une love story en 5 actes minimum avec rebondissements, chants et danses (tout les 1/4 d`heure) et happy end evidemment. Nous avons pris notre carte de fidelite au cinema, et pour 50 centimes la place on va pas se gener... C`est combien deja en France ??? 10 euros ??? Y a quelques problemes dans le monde quand meme...
Nous sommes donc a Madurai. Ce n`est ni idyllique, ni reposant, ni calme, ni rien, mais c`est fort bien. C`est tres indien. Nous retrouvons le traffic incessant, la pollution et le monde, et c`est bien. Les rues sont tres animees, tres sales mais nous aussi donc on le voit moins. La ville est un centre de pelerinage grace a son temple de 6 ha (!!!) en plein coeur de la cite. Il date du XVI, mais les peintures ont du etre refaites donc c`est un melange de temple ancien et de nouveau kitch. Quoi qu`il en soit il est magnifique. C`est foutrement grand, on s`y perd sans probleme, et comme il est constitue de carres concentriques on n`arrive plus a en sortir. C`est pas grave, on se perd, on regarde les elephants, les stands a n`importe quoi, les petits temples...
Madurai a aussi un marche aux fruits et legumes. C`est superbe. Il est ouvert mais les marchands s`installent sous des halles en bois et en palme. Les vaches ne mangent alors plus de plastiques et machouillent avec plaisir le compost. Ca sent bon, les gens sont contents de nous voir, et les fruits sont tellement delicieux.
Notre petit hotel est aussi tres sympathique. C`est le genre un peu crado mais pas trop, pas cher du tout, et "entretenu" par une myriade de petits chouchous adorables qui sont 10 a faire ce qu`un seul homme ferait en 5 minutes. Ils sont a nos petits soins et nous font beaucoup rigoler. Nous nous asseyons avec plaisir pour les voir discuter, passer le balai a l`indienne, s`extasier devant des sonneries de telephones portables, ou autres occupations. De maniere generale, ils en foutent pas une. On est d`ailleurs une grande source d`occupation pour eux, et on vient nous reveiller a 7h du mat pour nous apporter du the. Il faut alors leur expliquer qu`on le boira quand on sera reveille, et insister fortement pour ne pas qu`ils reviennent 1/2 heure plus tard.
Autrement, Madurai est aussi la ville des tailleurs, et notre nouveau hobby (non non, j`ai pas de chien) est de nous refaire tailler nos habits. C`est alors un grand moment de plaisir... on s`installe, on boit du tchai, on montre nos vieux habits au tailleur, on choisit les matieres, les couleurs, et puis on parle argent... Le resultat, nous l`aurons dans 1/2 heure.
Pour parler nourriture, ca fait longtemps, nous ne nous laissons pas deperir. Pierre a goute son 1er chicken tandoori hier (jusque la il etait trop cher : 3,4 ou 5 euros... mais hier 1 euro... on est gripsoux, on sait). Il (Pierre, pas le chicken) se nourrit de massala et de biryani entre autres. Quant a Zoe, elle se rabat depuis 1 semaine sur le moindre bout de fromage et doit se contenter d`un fromage de soja enrobe de tandoori. A ce sujet, vous pouvez m`envoyer vos boites de roquefort a l`adresse suivante : Zoe Espanol, poste restante, Madurai. J`accepte par ailleurs toutes sortes d`autres dons que ce soit en perail, en comte, en brie, en emmental, voire meme en camembert ou munster.
Pensez a nous qui souffrons.

dimanche, mars 11, 2007

Farniente, encore...

Comme vous pourrez le voir ci dessous, nous sommes toujours sous les cocotiers. Nous commencons a etre bruns comme des indiens, ce qui n`est pas vraiment a notre avantage si l`on veut se faire elire miss et mister india. Parce que voyez vous, les indiens sont racistes comme les bulgares (comme disait Descartes, le racisme est la chose du monde la mieux partagee...), et pour eux, plus t`es noir de peau, plus t`es moche. Alors nous, au debut blancs comme deux Russes, nous avions droit a moultes compliments (oui, on sait, on est beau). Maintenant, on nous jette des cacahouettes ! Heureusement nous ne sommes pas noirs, parce que les rares touristes africains survivants passent de mauvais quarts d`heure.
Entre autres festivites, Pierrot s`est fait hennetise par une Zoe au sommet de son art. Il a les cheveux verts fluos. Non non non, c`est tres reussi, fait avec des mains de professionnelle, les reflets sont tantot chatains clairs, tantot carottes, tantot rouges. Bref, ca vous interresse pas. N`empeche que maintenant Pierre se regarde toutes les 5 minutes dans la glace.
Quoi d`autre de palpitant, Zoe s`est fait rouler par les vagues tsunamiresques de Varkala, et s`est blesse grievement au genou qui revele desormais une egratignure de 2 mm un peu rouge et boursouffllee.
Ainsi nous sommes a Varkala, plage du Kerala. Nous ne savions pas trop ou nous allions atterrir, mais nous sommes bien. La plage est moins belle qu`a Palolem, mais elle est surmontee d`une falaise et c`est ca qui fait son charme (quand on se penche pas trop et qu`on ne voit pas les detritus... cf la derniere photos... so beautiful !). Ici, contrairement a Palolem, il y a autant d`indiens que de touristes, parce qu`une partie de la mer est sacree, et parce que la ville compte des temples ou les indiens viennent prier. Quoi qu`il en soit, meme si ce genre de lieux n`est pas vraiment l`Inde (on a des fois l`impression que les gens sont arrives directement en avion sur la plage), ca fait du bien de se reposer. Nous en profitons pour nous moquer des endouilles qui font du yoga sur la plage, et ceux qui font un concours tacite du plus beau bronzage uniforme. Le culte du corps ca y va ici !!! Bon on se moque quoi.
Entre autres mefaits, nous piquons des choses quand le restaurant est trop cher ou trop a la mode amerloque, ou quand les gens nous enervent. Pierre a de superbes tongs ! Nous commencons a etre tres mal eleves. Quoi qu`il en soit, nous partons demain, parce que, meme si c`est assez bien de profiter de la mer et des cocotiers, c`est quand meme un endroit un peu a la con, et nous avons beaucoup de choses a voir. Nous renoncons donc au concours de bronzette et a liberer nos chakra.
Nous sommes bien reposes, et l`envie de prendre le train se fait sentir. Demain, direction Madurai, haut lieu de pelerinage du Tamil Nadu.

loin de sarkoland, sous les cocotiers... preuve en images




Instant ferroviaire


Les fruits de la rue


Bombay : La ville a la plage


Palolem et son ciel carte postale


Cocohuts


Perilleuse traversee a maree basse


Pas de Sarko a Palolem


A la demande generale : nous (a Palolem)


A bord d`Indian Rail


La saveur du fruit, c`est pas du Danone


Backwaters, entre Allapuzha et Kollam


Avec la main droite s`il vous plait !


Pecheurs keralais


La belle falaise de varkala


Toujours la falaise, et ce que ne montre pas la carte postale

mercredi, mars 07, 2007

ennemi numero 1 declare : le mosquito

Quand c`est pas le soleil, ce sont les moustiques... nos pauvres corps rougis souffrent ! C`est parce que desormais nous sommes bien dans le sud, un pied sur terre et l`autre dans l`eau. Nous avons quitte notre idyllique Palolem, parce qu`on peut pas passer sa vie a boire des cocktails sous les cocotiers en ecoutant le doux bruit des vagues, a se rouler dans le sable, bref a rien foutre. Donc nous nous sommes repris en main et diriges vers la gare. Retour epique, encore plus que l`aller. Un bus indien normal concu pour 50 personnes, en transportant 150 au bas mot, qui penchait dangereusement dans les virages... mamamia. Une trouille !!! Parce que, pour l`histoire, les chauffeurs sont payes au nombre de passagers, donc ils blindent leur engin datant de la derniere guerre indo-pakistanaise, et roulent ensuite a tombeau ouvert pour rattraper le temps perdu. Sympa quoi. Alala quels risques nous prenons !! Vous pouvez etre fiers de nous !
Quoi qu`il en soit, Indiana Jones ou pas, nous avons ete bien contents de retrouver le quai de gare. L`attente fut animee par un groupe de jeunes indiens qui, comme d`habitude, voulaient tout savoir de nos vies. Nous avons la cote !
Le train enfin..... formidable. Une paillasse d`une proprete indian style. Une chaleur etouffante pendant 14 h consecutives, avec cette fois le privilege du defile des mendiants unijambistes, quadriantemembres, apprentis musiciens, vendeurs de tout et de rien du tout (oranges et crayons reviennent le plus souvent). Mais reste toujours le plus agreable... le chant des vendeurs de tchai, de cafe, d`eau et de plats non identifies.
Enfin... le Kerala et Kochi. Une chaleur tropicale. Il fait meme moite, on se croirait pendant les mois de moussons, mais c`est normal nous sommes entre terre et mer. Parce qu`ici l`eau est omnipresente, la mer et les backwaters (les canaux quoi pour faire moins snob). Arrives a notre hotel, choisi sur les bons conseils de notre porte feuille, finalement le train etait pas si crade. Ca ! C`etait pas cher ! Mais quel taudis. Des puces, des cafards, et... des moustiques. Mais nous ne sommes plus a ca pres maintenant que nous nous servons de notre main gauche. De toute facon, la salete d`accord, mais les moustiques, NON. Une nuit abominable passe a se gratter, a se mettre sous le drap pour echapper au bzizzzz fatal, et a en sortir au bord de la suffocation. Ils nous ont pris en traitres ces sournoises bestioles. Mais maintenant nous sommes armes jusqu`aux dents, chaussettes dans une main et tortillon repulsif dans l`autre. Nous avons renonce en meme temps a la confession jain et ecrabouillons ces sales betes des que possible, et avec grand plaisir.
Faut pas deconner.
Sinon, Kochi sympa. C`est Istanbul number 2, sans les turcs, avec les cocotiers et une pincee de je ne sais quoi en plus ou en moins. On prend le ferry (en fait y a que ca qui ressemble a Istanbul, c`est pas grave, nous aimons les comparaisons debiles) pour aller d`une rives a l`autre. Un quartier est tres indien, l`autre, fort kochi, est plus calme, et a un charme particulier. Plus que de belles choses, c`est ici une atmosphere qui impregne. C`est reposant, c`est moite, ce sont les tropiques ! On mange du poisson. Mais on se ferait bien un steak quand meme (oups je blaspheme).
Aujourd`hui nous avons mis les voiles et les pieds dans l`eau pour rejoindre Kollam, en bateau s`il vous plait. Une vraie croisiere avec un bateau pour nous tout seuls... 8h pour faire 80 bornes, mais justement le temps d`apprecier le reflet de l`eau sur les berges verdoyantes des fameux canaux keralais. Et des cocotiers a n`en plus finir. Nous sommes un peu cramoisis, et arborant desormais 3 couleurs : du rose fluo, du brun, et du blanc cachet d`aspirine... Nous avons l`air de deux blaireaux surtout si l`on rajoute a cela les chaussettes anti sales bestioles sous les tongs.
Vous pouvez rire ! C`est pas drole.

samedi, mars 03, 2007

A l`ombre des cocotiers, dans une cabane en bambous...

MESSAGE PREALABLE : CE TEXTE EST RIGOUREUSEMEMT DECONSEILLE A TOUTE PERSONNE DEPRIMEE POUR TOUTES LES RAISONS POSSIBLES COMME LE GRIS DU CIEL, LE FROID, LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE, LE BOULOT, LE BETON ET LA VIE.

Que fait -on a Goa ? Pas grand chose. Nos principales occupations s`organisent ainsi. Coconut shakes en face de la mer, premieres bouffees de chaleur des 8h du mat. Trainer autour de notre bungalow sur pilotis, en bois et en paillasse, regarder la mer et se dire qu`on a envie de se baigner. Bain dans une eau si chaude qu`on a du mal a en sortir. Arriver a prendre la vague en allant le plus loin possible et sans se faire rouler (C`est toujours moi qui gagne). Regarder le landscape so beautiful, so nice de la foret de cocotiers en barbotant dans l`eau. Eviter de boire la tasse. Se promener sur la plage en escaladant les rochers pour aller voir plus loin. Se baigner encore. Se faire secher au soleil sur le sable doux. Coconut. Choisir entre des crevettes ou du tandoori. Attendre le coucher du soleil et apprecier l`air qui se fait plus frais. Enfin s`assoir sur des coussins en face de la mer et boire une biere indienne devant une table basse en bambous.

jeudi, mars 01, 2007

En haut de l`echelle chez Sir Sharma : la brahmane attitude !

Cher franzusins,
Nous esperons que tout va bien a Sarkoland.
Quant a nous, nous passons toujours notre chemin... et il faut qu`on vous raconte !
Nous vous avons quitte a Udaipur, ou quand meme nous avons deguste notre premier coconut shake (y en a qui vont raler... fut fut fut). Nous y avons aussi pris notre premier train. Quel bonheur ! D`abord l`attente a la gare, de nuit... et puis l`embarquement presse de tous les indiens qui n`avaient pas reserve... ils se precipitent tous alors que le train n`est pas encore arrete, et nous les regardons stupefaits, nous demandons s`il faut faire de meme. Mais non, car nous avons nos places reservees, alors pas d`empressement inutile. Nous avons opte pour la 2nd SL, c`est a dire la plus basse classe en couchette (mais en places reservees quand meme, ca change tout!). C`est un peu craspouille, ca pue un peu (surtout quand on est a cote de toilettes), mais c`est formidable. Les trains indiens, meme avec leur barreaux aux fenetres, sont tres romantiques. Tout est grand ouvert, et l`on sent alors l`air frais qui s`engouffre et raffraichit un peu nos corps suants (beurk). Ce premier trajet (Udaipur - Ahmedabad) fut un peu penible parce que l`on etait situe evidemment a cote des chiottes et de l`entre-deux wagon, ce qui fait que nous avions en exclusivite l`odeur et le bruit (petite pensee pour notre cher president) des portes qui clapotaient selon le roulement du train. Une vraie machine a vapeur.
Bref, arrivee a 4h30 du mat, tres frais, et de bonne humeur cela va sans dire. Surtout Pierre. Surtout Zoe...
Et comme nous avions contacte un membre d`hospitality club, nous devions attendre que monsieur se reveille pour pouvoir l`appeller. Les heures sont passees lentement, mais nous avons fait comme tout le monde et nous sommes allonges a meme le sol, au milieu de cette cour des miracles (c`est le charme des gares indiennes).
Arrive 8h, nous appelons ledit Mister Aniruddha Sharma, et nous empressons de prendre le tuc tuc pour le rejoindre chez lui. Arrives devant l`immeuble, je dis au tuc tuc le nom de notre hote, et tout le monde s`empresse de nous ouvrir les portes, le chauffeur nous donne une icone de Krishna , etc. Tiens ! On se dit que les gens sont sympas ici, et nous ne faisons pas le rapprochement tout de suite. C`est en arrivant chez sir Sharma, et en discutant ensuite avec lui, que nous apprenons que nous penetrons la caste des brahmanes (la plus haute)... d`ou le respect qui s`en suit...
Alors prenez des notes la ! Les castes, abolies bien sur mais toujours en activite, s`echellonnent ainsi : Les brahmanes (les pretres) qui sortent de la bouche de Brahma, les Kshatriya (les guerriers) qui sortent des bras, les Vaishya (les marchands) qui sortent des jambes et les Sudra (les serviteurs) qui sortent des pieds. Apres y a nous, qui sortons de la cuisse de jupiter. Et enfin, hors classement, les dalit ou intouchables, qui ne sortent pas (meme pas du trou du cul de Brahma a-t-on envie de demander ... on s`abstient).
Toujours est-il que nous avons ete tres bien accueillis, on vous laisse imaginer... Aniruddha est un peu plus vieux que nous, il travaille dans le business, on a pas tout compris. Ce qu`on a compris c`est qu`il gagne 50000 roupies par mois (soit 850 euros) et qu`il est fort riche. Pour comparaison notre super Raj driver du Rajasthan gagnait 2000 roupies (34 euros !!!) sans les pourboires. Et nous n`avons besoin de guere plus que 50000 rpies pour nos 2 mois de voyage en Inde (a deux).
Nous avons eu droit a tous les honneurs, voyage en voiture a vitres teintees, telephone portable, appartement prive, et comble du comble un Sudra personnel, que nous avons surnomme Chouchou. Parce que quand on est brahmane, on s`assoit sur le divan et on boit du tchai, voila. Chouchou ? Tchai please... Chouchou ? Turn on the fan please, it`s too hot !... Chouchou ? The tv please...
Bref, dorenavant, je suis Brahmane et Pierrot est Sudra. Voila la conclusion.
///// petit apparte de Pierre : je ne vois pas la difference, c`est comme ca depuis bien longtemps /////
N`empeche qu`a part cette facon de se faire servir, qui ne peut que nous choquer, Aniruddha et ses amis sont des gens riches mais simples. Ils sont en tout cas d`une hospitalite rare. On a ete accueillis comme des rois du petrole, avec une grande gentillesse, et un plaisir sincere.
En plus, la capitale du Gujarat nous a plu. Malgre le gros trafic qui innonde ses rues, nous avons ete ravis de trouver un lieu non touristique, ou les gens etaient aimables sans vouloir nous faire entrer dans tel ou tel shop. Des sourires desinteresses a n`en plus finir. C`est ainsi que nous nous sommes fait offrir de la pasteque, et que Pierrot, toujours superman, a conduit le rickshaw !!!! Si si c`est vrai ! Et je vous dis pas la trouille que j`ai eu, en le voyant au milieu du flot de velo, de moto, de tuc tuc, de taxi, de voitures, de bus et autres animaux. Il s`en est sorti comme un as !
Avant hier, nous avons donc quitte notre hote pour rejoindre la gare. En s`arretant au restaurant, avant le depart, nous avons recu un dernier coup de fil de M. Sharma qui souhaitait encore nous faire ses adieux, et en meme temps prevenir le restauranteur que la note etait pour lui. Stupefaction ! C`est bien la premiere fois qu`on nous dit "no bill" ! Bref, un roi du debut jusqu`a la fin.
De la, nous avons pris notre 2nd train, plus agreable, jusqu`a Bombay ou nous avons passe la journee a flaner au bord de Chowpatty beach et dans les rues animees. Mais c`est tellement grand, il y a tellement de circulation et de monde, que nous avons ete epuises en fin d`aprem et que les dernieres heures d`attente ont ete longues. Nous avons quand meme vu un superbe bollywood movie. Meme en hindi, on comprend tellement les acteurs sont expressifs. C`etait une histoire sur les couples et le mariage, traitee avec pas mal d`ouverture d`esprit, de l`humour, et un brin de folie. C`est magique bollywood, une vraie machine a reves... on en sort avec un grand sourire et de belles images en tete.
De la 3eme train, enfin, vers Goa. Nous avons choisi la plage que je connaissais, Palolem, tout au sud de Goa. C`est un paradis perdu, et il faut de la patience pour supporter l`heure de bus surbonde qui y mene. Mais nous y voila. Le seul hic, c`est qu`on est pas tout seuls. Parce que Palolem en juillet, c`est pas Palolem en fevrier. Autant pendant la mousson la plage est deserte et superbe. Autant maintenant tout est ouvert, la plage est pleine de bungalows et.... d`americains !!! Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !!!!!!!!!!!
Bon, c`est vrai y a du monde, mais c`est surement beaucoup mieux que toutes les autres plages de Goa. Et puis la plage est epargnee du beton, rien que des bungalow en bambous et en bois. La mer est chaude, peut etre 28 degres (y en a qui vont raler...), il fait bon de sentir le sable sous les pieds, et de voir les hauts palmiers.
Nous mangeons des crevettes (sans vouloir en faire raler certaines...), et profitons avec grand plaisir de ces quelques jours de repos absolu.
Il manque quand meme Chouchou... Sir Sharma ? Is it possible to send us your Chouchou ?