Un petit goût de reviens-y

quelqu'un aurait-il vu ma brosse à dent ?

mardi, juin 26, 2007

Vertige et sueurs froides au Baikal

Nous continuons le message de la veille, parce que, soudain il faut descendre du train. Voila Irkoutsk, c'est notre arret. La aussi nous avons agite nos mouchoirs, le coeur serre, en ayant l'impression de quitter notre famille. C'est beaucoup d'emotion le train russe ! Ce trajet la il fut fantastique vraiment. Non seulement les russes sont extras (certes parfois un peu relous avec leur vodka : "Russian vodka - russian vodka...on a compris qu'elle etait russe votre vodka !!!"). Mais en plus nous avions forme une communaute franco-fransus dans le wagon puisque nous prenions le train avec les 2 francais rencontres chez notre hote de Vladivostok. Et on s'est bien marre avec Constantin III et Camille. Il faut bien se preserver face aux terribles russki.
Mais la n'est pas le sujet. Irkoutsk, le petit Paris de Siberie, a de tres jolies maisons en bois sculpte, a de tres beaux immeubles (effectivement style parisien), a de tres belles statues de Lenine. Et puis il y a le Baikal, ce lac immense aux eaux profondes et si claires que l'on peut toujours en voir le fond (1500 metres plus bas quand meme !).
Et le mieux. c'est que nous ne sommes pas morts. Pourtant on a failli. Reprenons du debut sinon on comprend rien. Arrives a minuit (heure d'on ne sait ou) a Irkoutsk, on a eu le plaisir de voir que notre nouvelle hote d'hospitality club, Elena, nous attendait a la gare. On a eu le plaisir de prendre une douche, on vous raconte pas la couleur de l'eau ! Bref, chez Elena il y avait deja 3 autres hotes, Miloch le serbe, Steeve l'americain (interdiction de rigoler), Poupoufe la danoise (on est mechant !). Elena nous explique que pour le lendemain est prevue une marche au bord du lac. Et nous, comme des cons, on accepte !
D'abord il y eu le bateau pour arriver jusqu'au fameux Baikal, puis il y eu l'eau de cette merveille naturelle, une eau bleu, d'un bleu plus bleu que le bleu. Avec un ciel bleu, bleu plus... bref. Il y eu les grands pins deplumes, avec leur forte odeur de resine... une senteur dont nous revions depuis Pekin. Il y eu les petites fleurs jaunes et rouges et bleues et violettes. Il y eu l'herbe...les odeurs... le silence... la nature... l'eau, les falaises...C'etait si beau...
Et puis soudain, il y eu le sentier... Et la c'est le drame. Parce que creuse a flanc de falaise, surplombant le lac a plus de 50 metres, il etait joli ce sentier, il etait joli ce lac, mais surtout en photos ! Au debut, ca allait, nous cheminions gaiement, le sentier serpentait tranquillement. Et puis ce foutu sentier, comme pris d'ivresse, est devenu vraiment etroit en se rapprochant de plus en plus de la falaise. Finalement c'est devenu une etroite bande de terre glissante accrochee entre Baikal et ciel. Il s'est mis a pencher dangeureusemsnt, il s'est mis a se tordre, a se congestionner. Et nous, on etait dessus. Keketa zoya a commence a sentir son vertige se reveiller, obligeant le stoique Petar a deployer des tresors de diplomatie. Imaginez nous, comme 2 blaireaux, l'une pleurant, l'autre criant, bloques au milieu du vide, accroches a la paroi, ne sachant plus quel pied mettre apres l'autre. Vertigo II, tel aurait pu etre le scenario... mais jusque la finalement tout allait bien. Apres ca c'est complique. On a commence par perdre les 3 premiers compagnons, puis par perdre tout bonnement le sentier. Bloques a 15 metres au dessus de l'eau devant une immense falaise, cela nous semblait impossible d'escalader plus haut, et pourtant il n'y avait pas d'autre choix. La est arrive le 6eme marcheur, l'ami Miloch, serbe de sa condition. Lui aussi, regarde la falaise et juge que tout cela est bien dangereux. Et les autres avaient disparu ! La commence le 2nd scenario potentiel, sueurs froides II ou Blairwitch III. On decide de s'eloigner de l'eau, en escaladant la montagne plutot que la falaise. On a grimpe, grimpe en creant notre propre sentier (on va envoyer les references au lonely planet). On etait bien a 200 metres au dessus du lac. Nous etions clairement perdus alors que ca faisait deja bien 6 heures que l'on marchait. Ah ! Le Baikal ! Apres 2 heures d'escalade, et de descente sur les fesses, on a finalement retrouve le sentier de l'autre cote de 3 montagnes et de 6 mers. On s'est embrasse, on a aurait meme ouvert le champagne si on en avait eu ! Il a encore fallu cheminer une bonne heure sur ce foutu sentier qui ne s'etait pas decide a se calmer. On s'est agrippe a la falaise, on a bien cale nos pieds entre les rochers, on a evite de regarder en bas... et puis on est arrive, Listvianka, terminus, tout le monde descend. Pour la peine on s'est tape de bons omouls fumes (les petits poissons du baikal), affames, epuises, fourbus, mais... vivants !
Pour conclure, c'etait super... on est vraiment tres sportifs, on a plein de courbatures et de belles photos ! C'etait magnifique, so beautiful, ca va sans dire !
And tomorrow, ce sont de nouvelles sensations fortes qui nous attendent : on repart vers Moscou en 4 jours de train only.

lundi, juin 25, 2007

Soleil en Siberie

C'etait mercredi ou bien samedi, la semaine derniere ou celle d'avant. Quoi qu'il en soit nous avons quitte Vladivostok en agitant nos mouchoirs devant le quai et nos amis qui nous disaient "revenez vite". Oui nous reviendrons bientot au phare est pour voir en exclusivite le nouveau long metrage de Sergei nomme palme d'or au festival du film russe non hollywoodien, et manger encore ce fameux jambon dont l'emballage somptueux fut concu par notre ami Viktor (quand meme !).
Et voila comment on arrive en Siberie. Pendant des jours on voyage en Siberie. Les paysages defilent, nous, on ne bouge pas, on regarde. La Siberie me ressemble pas a la Siberie. Elle est probablement trop grande pour ressembler a quelque chose. Nous avons beau fixer notre regard sur le paysage nous ne reconnaissons pas la Siberie. Mais il faut dire qu'il manque la neige, la monotonie blanche. Pour l'instant tout est vert. Tout est vert tachete de jaune, ce sont les petits boutons d'or. Le vert, ce sont toutes ces etendues d'herbe, de fourres et de bouleaux. Il y a de grands pins au tronc si long qu'ils en paraissent deplumes. Et il y a les petits arbustes. Tout n'est pas plat, il y a du relief au fond, mais juste un peu. De toute facon, le ciel est trop grand, on le regarde jusqu'a l'infini, rien ne le coupe. On voit aussi les petites maisons russes, ces petites maisons en bois au toit tres peu incline. Elles sont perdues au milieu de rien. On a du mal a imaginer ceux qui y habitent, la vie de ces gens en Siberie, l'ete, l'hiver. On s'arrete parfois dans des gares ou la seule animation est alors le ravitaillement. Sur les quais s'etalent legumes, pirojski, boissons locales (...) et saucisseski. Parce qu'on mange ! On n'arrete pas de manger en traversant la Siberie. C'est si long ! On dort aussi. Le temps s'arrete.
On ne sait plus vraiment quel jour on est, depuis combien de temps on est la, ou l'on va descendre. Dans le train regne une veritable anarchie temporelle. Personne n'est capable de dire quelle heure il est... comme s'il n'y avait pas d'heure en Siberie. L'horloge donne le temps de Moscou, ce qui est absolument absurde. Le soleil, quant a lui, a 7 heures d'avance. Cependant la lumiere recule avec le train. Les passagers, eux, ont chacun leur fuseau horaire. Et a vrai dire ca n'a plus d'importance. Dormir le jour, vivre la nuit, etre entre les deux, ou inversemment, c'est a chacun son horaire.
Finalement on se coupe de tout. Sauf peut etre de La Vodka pour les russes qui ne cessent de boire. On vous l'avoue, on ne suit plus du tout ! N'etant pas tombes dedans etant petits, on ne peut pas comprendre. Ils nous impressionnent beaucoup ces russes. Ils sont tellement solides ! De vrais rocs. Leur activite principale consiste a boire, et ils tiennent toujours. Il n'est pas rare de se faire reveiller par une forte haleine russe avant de decouvrir a quelques centimetres de son nez une bouille toute rouge aux yeux vitreux qui sourit en disant : "Russian vodka ???". On est alors oblige d'expliquer que chez les fransus on ne boit pas au reveil, meme s'il est encore minuit a Moscou ! Terrible. Ils nous invitent souvent. Ils preparent de petits morceaux de pain a la viande-mayonnaise qui sont censes accompagner des petits verres de vodka. Et attention, il faut boire d'un coup avant de croquer. On ne rigole pas avec les traditions ! Terrible.
Soudain, on traverse une foret. La terre est la, plate. On ne sait plus ou l'on est, ou l'on se placerait sur le globe. Soudain c'est une riviere, une fleuve plat qui semble s'enclaver dans le sol. Il ne semble pas y avoir de fond. Le train tourne, contourne. Ca secoue. Elles sont ici les montagnes russes ! On s'incruste en Siberie. Les rails contournent comme pour le plaisir. Ce serait trop simple d'aller tout droit. De la fenetre nous voyons parfois toute la longueur du train, les wagons devant qui tournent, s'engloutissent. Il est long notre train, bleu et vert. A cote il y a d'autres rails, on se croise souvent entre transsiberiens. Ca s'entrechoque aurait pu dire Cendrars. De quoi parlait-il ? Nous, on entend une musique, l'air ferroviaire d'un train qui glisse et fait des sursauts. Nous voyons des paysages inconnaissables. Et tout s'entrechoque dans nos tetes alors que nous tentons de saisir ou l'on est.

mercredi, juin 20, 2007

Il est temps... grand temps...

Toujours en croisiere a Vladivostok.
Profitons de cet humble message pour informer les organisations humanitaires de l'etat deplorable des infrastructures russes. Pourriez vous reparer la bouche d'egout au croisement de Pouchkinskaya et Svetlanskaya ? Zoya tombee dedans par inadvertance, genou violet, mais chaussure non perdue. Merci - Spasiba.
Hormis les egouts, le temps siberien nous rattrape. Nous avons ressorti le passe montagne, les gants et la cagoule. Les russes sont en tee shirt, mais nous on se gele. Le brouillard a recouvert la ville et le port d'amourski. Nous ne pouvons desormais que deviner les collines ou se croisent vegetation et tours d'immeubles sovietiques. Nous avons grimpe toutes les eminences, nous avons traverse les quartiers gris ou les immeubles s'alignent a l'infini et montent haut laissant voir la nuit des lumieres fantasmagoriques. Un paysage etrange donc. Un peu apocalyptique, mais finalement attachant. Et puis la mer partout. Le port et ses grands bateaux de guerre. Ils sont rouilles, comme toutes les statues. Nous sommes passes de la plage (terrain vague ?) de Vladivostok, de ses rues pietonnes aux quartiers residentiels digne de la Seine saint denis. Mais il y a toujours les collines, les arbres, les domes dores. Et puis il y a ces russes. Oui, ils sont blondinets ! D'accord nous ne sommes qu'a 200 kms de Chine ou de Coree, mais c'est deja l'Europe ici. En tout cas, l'Asie c'est bien loin. La mousson ici, c'est un crachin irlandais.
Nous allons passer cette derniere journee avec nos amis russes, Viktor et Sergei. Notre hote Denis etait tres souriant. Il nous a accueilli avec ses 2 collocataires dans son petit appartement sovietique. Ils etaient contents de battre leur record d'hospitalite puisque hier soir nous etions 6 invites (4 fransuz et 2 allemands) ! Et hier soir ce fut soiree blinis ! Tres russe tout ca. Et comme nous etions entre europeens, evidemment la discussion a tourne 2nde guerre mondiale (apparement une obsession chez nombreux jeunes). Bref, on a entendu des choses interessantes sur le point de vue des russes sur le communisme, avant que cela ne derive sur la coupe du monde de football ! (??? gloubi ?).
Ce soir il nous faut partir... car, tel alexandre III, il est temps, grand temps de prendre le transsiberien...

samedi, juin 16, 2007

Phare est : bons baisers de Vladivostok

здравствуйте ! Zdrasvouitie les fransouz !

Nous sommes bien arrives, sains et saufs, a Vladivostok. Avons meme passe la frontiere sans aller en prison. Ils ont meme ete aimables les douaniers russes. Nous on a beaucoup rigole parce que les douaniers hommes ont des kepis plus gros que leur tete, et les femmes ont une enorme moustache (un peu effrayante). Donc nous avons passe cette frontiere sans encombre, pourtant il n'y avait pas foule, et nous on etait un peu perdu, heureusement qu'il y avait un canadien muni de la Bible dont les versets etaient recents (le Lonely Planet bien sur). On l'a suivi, on a reussi.
Cool. Donc nous voilames au phare est. Et on est pas decu. C'est formidable la Russki. Vladivostok est une grande ville mais qui a un air de petit village. Tout le monde se connait. Ca faisait pas 2 heures qu'on etait la que tout le monde savait qu'il y avait des nouveaux venus. Alors ils sont venus nous parler ! Et voila on a plein d'amis. Ils veulent tout nous montrer, ils veulent nous inviter partout. On n'arrive meme pas a payer nos notes parce qu'ils veulent tous nous regaler. Et ils sont mignons ! Ils nous parlent tous en meme temps, on sait plus a qui repondre. Les garcons sont tres grands, souvent tres costauds, l'air bourru. Les filles sont habilles tres legerement, elles sont tres belles. Ils sont souvent blondinets, elles sont souvent blondasses. Mais ils ont un grand sourire. Ils font beaucoup d'efforts, meme s'ils ne parlent pas anglais du tout, ils vont essayer de dire la seule phrase qu'ils connaissent ("Moscou is the capital of Russia"... super). On n'a plus de problemes pour communiquer ! Et puis nous on apprend le russe, nom de nom !
On est arrive samedi soir sous des applaudissements venant du stade. L'equipe du coin gagnait, les gens criaient Vladivostok - vladivostok - vladivostok... On a bien erre pendant 2 heures pour trouver un hotel. Mais nous etions prevenus, il n'y a que des palaces a Vladivostok, des palaces a 3/4 vide. Bref, comme on arrivait pas a joindre notre contact d'hospitality club, et que nous etions franchement epuises et affames (2 jours de jeune, ca creuse), on s'est decide pour le palace le plus miteux. 45 euros la chambre, hum....
Sur ce, nous ressortons, histoire de manger un pirojski (beignet gras fourre a ce que l'on trouve). Et la, comme on n'etait pas passe inapercu, les russes se sont decides a nous demander des details. Ainsi avons nous rencontre Viktor, Sergei, Max et Svetlana. Des jeunes gens absolument formidables, tres cultives, admirateurs de la culture francaise. Il a fallu qu'on discute de Sartre, de Rimbaud, de mai 68, de la 2nde guerre mondiale. Ils nous ont emmenes au bord de l'eau, et puis dans leurs clubs favoris. Ils ont tenu a nous faire gouter la vodka bien sur. On rigole pas avec ca (c'est un probleme grave nous ont ils dit !). C'est vrai que les gens marchent pas tres droit... En arrivant dans un des clubs, on s'est retrouve dans une vaste cour ou finalement tous les russes se sont rassembles autours de nous, les 2 fransuz, pour nous dire 2 mots, nous offrir une babiole, nous dire bienvenue.
Aujourd'hui nous avons rendez vous avec eux pour qu'ils nous presentent encore leur ville. Et puis nous allons aller voir leurs oeuvres puisque Viktor fait des bd et Sergei des films. Vraiment, des gens interessants. On est un peu ebloui par tant de gentillesse !
Ce soir nous allons chez Denis, notre hote d'hospitality club. Bref, on s'ennuie pas. On a totalement oublie les chinois. na.

Zoya y Petar
зоя и петар...............................

vendredi, juin 15, 2007

Bemol pour une symphonie chinoise

Bon, petits fransuzin-fransuski, on vous ecrit juste pour mettre un bemol sous notre derniere note chinoise. Parce qu'on s'est rendu compte qu'on restait sur une partition fort noire. Or, a toute mauvaise experience ses bons cotes.
Tout ca nous a quand meme permis de nous rendre compte de la situation politique chinoise (un peu). Les pauvres ! Tienamen en 1989 n'existe pas. On peut vous confirmer qu'ils adulent vraiment Mao. D'ailleurs nous nous sommes offert un magnifique jeu de cartes a son effigie : il est a la fois le joker, le roi, la reine et tous les autres. Tres drole pour la belotte...
De deux, on sait maintenat la verite. Oui on a vraiment un gros nez.
De trois, le chien c'est pas mauvais en brochette. Hum. Oui, on a goute. C'est meilleur que le serpent. Ca ca ressemble a du poisson au caoutchouc.
De quatre, ils font vraiment du cerf volant... on les voit voler entre les tours de verre. C'est encore ce qui a le plus de charme. Vive les cerfs volants.
De cinq, ils sont vraiment toques. Souvent desagreables, mais parfois tres droles. Beaucoup veulent desormais avoir les memes cheveux que RastaPierrichou.

Voila, bemol mis. Ils sont chiants. Aujourd'hui on a meme eu recours a la police pour que la consigne de la gare nous rende la monnaie. Faut le faire quand meme !
Hi hi ! Ce soir c'est notre dernier soir. Hier deja on a pris le train avec des russes, c'etait tres chouette : roussski, fransuski, vodka, polka ! On a tres envie d'apprendre plein de choses. On est ravi. Demain nous serons en Russie.
Zdrastvouitie rouski, my fransuski !

jeudi, juin 14, 2007

Un milliard de chinois, et moi et moi et moi....

salut salut.
Toujours a Pekin, nous vous ecrivons quelques mots avant de partir. Oui on se barre, et on en est tres contents ! :-) hi. Amis chinois chinois, adios. Nosotros vamos to Russki !!!
Mais ne sautons pas les etapes. Que raconter de plus sur Pekin ? On a d'abord essaye d'etre aimables. On a souri, on a rigole pour ne pas s'enerver. D'accord les chinois ne pensent qu'a nous entuber et pensent que nous sommes totalement stupides. On a essaye de le prendre a la legere. Il faut discuter longtemps, parfois un peu s'enerver, mais on peut reussir a avoir un prix normal. D'accord les Pekinois qui se veulent tres modernes sont finalement ignorants de tout ce qui n'est pas chinois. On peut le comprendre, mais on ne peut pas rever que de modernite sans s'ouvrir un peu l'esprit ! Si tu es noir, ils ont peur. Si tu as les cheveux longs, ce sont des regards incessants. Au bout d'une semaine, on n'en peut plus !
Decus des chinois, on a quand meme essaye de voir de belles choses. Peine perdue. La cite interdite on ne vous en parlera pas, on s'en veut deja assez d'y etre alles. Il y a quelques temples qui sont jolis, mais globalement ce ne sont que des reconstructions modernes et toujours identiques entre elles. Oh ! La belle frise bleue ! Oh ! Le beau mur rouge !
On a eu tout de meme quelques bons moments, mais finalement ce fut avec d'autres voyageurs. Heureusement d'ailleurs que nous avons rencontre des gens sympas sinon c'aurait ete la depression ! Parce que les Pekinois nous en ont fait baver. Le mieux ce fut l'episode de la gare. Il nous a fallu 4h pour acheter un billet de train. On a d'abord eu droit a 2 jeunes qui ont voulu nous voler, on a du faire un scandale pour recuperer nos sous. Apres ce fut le tour des guichetiers qui refusaient de nous parler, meme si on venait de faire la queue pendant une heure. Comment faire pour acheter un billet si les agents de la gare ne veulent pas parler aux blancs ??? On a finalement reussi a acheter un seul billet, au bord de la crise de nerf.
Notre derniere pensee sur la Chine sera pour le racisme. Ici, c'est meme de la xenophobie. C'est pas bien d'abord. Les regards meprisants, les gestes signifiant de foutre le camp, les mensonges incessants (pour les prix ou pour toute autre information), les insultes en chinois, etc etc. Non vraiment, on aurait aime, mais on ne trop quoi dire de positif. S'ils sont si fiers qu'ils restent chez eux, et nous on passera par un autre endroit. C'est dommage. Chacun a ses experiences de voyage. Pour nous, la Chine (surtout Pekin) restera un souvenir un peu douloureux. On est venu, on a vu, on a perdu.
En attendant, on se rejouit de voir les russes bientot. Ce soir on part, demain matin nous serons a Harbin, qui est une ville mi chinoise-mi russe, et lundi nous serons surement au bout du monde ! Vladivostok...

dimanche, juin 10, 2007

Respire petit homme, tu vas bientot mourir...

Jeunes fransuzin recherchent purgatoire dans un enfer urbain. Oh yo ! Respire Pierrot, respire Zozo, respirez bien tous... mais ici il ne faut pas oublier son masque a gaz... ici on se rapproche dangeureusement des flammes carboniques de l'enfer. C'est du Dante. Du Nietzche meme ! C'est pire que tout, c'est Pekin. Bienvenue ! Pas de rues ici, seulement des periphs. Pas de centre ville ici, seulement des periphs. Pas d'air ici... seulement du gaz... et des periphs. Pas de petites places ou l'on prend la mesure de la vie urbaine ici, seulement Tienanmen... et vaut mieux pas s'attarder, Mao guette encore. C'est irrespirable, on etouffe, au secours ! Jeunes fransuzin cherchent rapatriement direction Poulioulhet dans le 1 - 2 ou Serent dans le 5 - 6 (selon les disponibilites...) !
C'est une chappe de gaz qui nous a accueillie. Pas la peine de regarder le ciel, c'est tout blanc-gris. On a du mal a respirer, vaut mieux pas d'ailleurs. On a du mal a regarder, ca pique. Oh yo ! Vaut mieux fumer ici c'est encore le mieux. Oh yo yo yo yo ! Pauvres athletes de 2008, vont pas courrir tres loin.
Non mais on deconne pas la ! On n'exagere pas non plus ! On baigne dans l'irreel ! C'est le fin fond de l'homme moderne... on est a la limite de la vie. C'est sans doute la saison qui en rajoute, mais ca existe quand meme.
Et puis... c'est pas tout. Malheureusement nous n'avions pas consulte le petit guide de survie a l'usage d'un transit a Pekin. Voila pourquoi on s'en prend plein la face.
Pekin, c'est un melange de Bucarest, pour l'immensite, et de New York, pour les neons. A cela, il faut rajouter le bruit assourdissant et omnipresent. Le bruit de la circulation bien sur, partout... Il n'y a presque plus de trottoirs, surement pas de rues pietonnes, que des avenues gigantesques ou ca roule, ca roule, ca roule. Et nous, on aspire... Et puis, comme si ca suffisait pas, les chinois en rajoutent, du bruit... les gens hurlent, les hauts parleurs crachent. Du son plein les oreilles... on a la tete en carafe, les oreilles bouffies, des cernes sous les yeux. Et bientot, comme les Pekinois, on aurait des boutons plein la gueule. Affreuuuuuux.
Et puis, il y a les guibolles aussi. Ca tire ! C'est gigantesque... et nous on est trop petit ! On se creve tout simplement. Ca pourrait etre du trek, mais il manque l'air. La nature, on ne vous en parle pas. C'est une nature qui prend racine dans le beton et les tours de verre.
Rien rien rien. Rien. Pas de centre, tous les vieux quartiers sont rases ou en passe de l'etre. On le voit ! Des immenses panneaux entourent des rues entieres. On peut juste appercevoir l'apocalypse... tout en ruine, des vieilles maisons, tout un patrimoine... plus rien. "Du passe, faisons table rase". C'est bon, c'est fait. Les mots traduisent mal notre epouvante. Mais c'est quand meme epouvantable, effrayant.
Aujourd'hui, on a quand meme decide d'arreter de deprimer... on a erre dans ces avenues pour trouver un arbre. Nous avons finalement trouve le temple du ciel. C'est pas encore le paradis, mais la, le parti a quand meme oublie de raser les vieux cypres. Alors on en a profite pour respirer un peu, pour se rappeler l'odeur de l'herbe, des arbres. On a meme apercu un oiseau !

En substance : "Tu n'as rien vu en Chine" - "J'ai tout vu"...


La traversee du Yunnan en bus...


...pour voir ca ???


But it is better in Dali


Qui veut manger du bernard l'ermite


C'est toujours better in Dali


Internet free pour Papi


On a trouve Chinatown !


Visez un peu en bas : ca pose !


C'est du chinois !


Kunming... sans commentaire


Aucun interet


Et il vous manque le bruit


Ce cher Mao


La seule vieille pierre de Pekin


cote jardin

jeudi, juin 07, 2007

Les beaux mac do de Kunming

Alors voila les loulous, nous sommes dans la capitale du Yunnan. On ne vous cachera pas notre eblouissement pour cette ville superbe ou il n'y a absolument rien a voir hormis des buildings, des pancartes publicitaires et des mac do. Bon, nous avons quand meme profite de l'occasion pour redecouvrir le supermarche. Ah oui ! Parce qu'a Kunming c'est civilise, il y a meme un Carrefour ! Alors on a essaye d'y trouver du roquefort... mais non ils n'avaient que du camembert. On patientera...
Bref, alors Kunming c'est un peu deprimant. Heureusement que les chinois sont fous, du coup on arrive jamais a s'embeter. Hier soir, on a decouvert que notre auberge organisait un enorme buffet pour je ne sais quelle association. Alors nous aussi on s'est fait beaux, sur notre 31, meme si on n'etait pas vraiment invite. Et nous nous sommes joints au buffet, tres chers ! Et la c'est le drame ! Les chinoiseries commencent. On a appris d'abord qu'il y avait reunis, ici, des grandes personnalites comme le ministre de la defense du Zimbabwe ! Attention la, deconnez pas ! Bon, et d'autres. Au bout de quelques heures, on s'est mis a discuter avec un poete chinois haut place dans un quelconque ministere. Bref, ce brave chinois, dont les enormes lunettes donnaient un air un peu cingle, nous annonce qu'il a besoin de nous, francais, pour aller au commissariat de police et aider la bas un pauvre senegalais perdu. Comme on a bon coeur, et qu'on leur doit bien ca aux senegalais, nous avons suivi le poete dans une superbe voiture de police. Apres moultes traductions chino-anglo-senegalo-francaises, on a quand meme reussi a embarquer notre senegalais paume dans la jungle chinoise. Il nous disait : "ils sont un peu fous ces chinois, moi je fais juste le marche !".
Le poete il etait vachement content de nous, alors on a eu les 1eres places sur ce qu'il restait du buffet. Et les chinoiseries ont repris, il a fallu se debarrasser de l'homme de la Chine du sud qui a confondu Zoe avec Marguerite Duras et qui voulait l'epouser coute que coute. Dingos du debut jusqu'a la fin !
Tout a l'heure on part pour Beijing, on arrive dans 3 jours ! Et, ils font bien de censurer les blogs, les chinois, parce qu'on va encore dire du mal d'eux. Apres avoir contacte une multitude de membres d'hospitality club a Pekin, il n'y a absolument personne qui nous ait repondu. Personne ! GRRRR... Alors la c'est le 2eme drame. Parce que l'hotel a Pekin c'est aussi cher que 2 mois dans une pension indienne. Alors, voila, bye bye les chinois, si c'est comme ca nous on se trace a Vladivostok ! On passe juste par Pekin et on va voir les russes.
D'ici la, on vous parlera du train qui, nous en sommes surs, nous reserve encore de belles chinoiseries....

dimanche, juin 03, 2007

Le cote chinois de la lune...

Nin Hao faguo. Bien arrives a Dali. Et ce, malgre un foutu trajet. Parce que meme les couchettes ne compensent la presence des chinois ! Ah ! Ils sont penibles. Surtout en voyage. Ici on se sent bien, c'est plus calme, la cohabitation se passe mieux. Ainsi nous voici arrives a Dali, au nord ouest du Yunnan. Avant d'arriver le bus, il n'en finissait plus de tourner, de contourner les montagnes, de monter, de descendre, nous faisant balotter comme des poules dans une cage accrochee a un rickshaw fou (pourquoi pas ?). Sacre voyage ! Sacres chinois ! Ils nous surprennent beaucoup.
A Dali, on se croit arrive. Mais non. On est juste dans une ville nouvelle, ou il n'y a rien, a part de hauts buildings de verre. Il faut imaginer ca, ce decor urbain entoure de montagnes. Alors il faut trouver le bus pour rejoindre le vrai Dali, celui qui est reste vieux. On est absolument pris entre les montagnes. Il n'y a plus d'horizon, a part elles. Et nous on est deja a 2000 metres ! Il fait bon a Dali. La bas , plus loin, c'est deja l'himalaya qui grimpe, on le sent d'ici.
Dali, c'est reste ancien. Ca pourrait etre une ville unesco, ca l'est peut etre. C'est protege en tout cas. Il y a enormement de boutiques et de restos, mais pour l'instant il n'y a pas foule. Donc on se rend pas bien compte. Comme ca c'est quand meme tres bien. L'ambiance est tranquille. C'est une petite ville, mais c'est actif quand meme, ca bouge. A cause du tourisme surement. C'est tres etonnant de se retrouver dans un endroit comme ca apres avoir fait le trajet depuis la frontiere, apres n'avoir croise que des chinois et leurs chinoiseries.
A Dali on se promene dans d'etroites rues pietonnes, petites mais tres longues quand meme. Les maisons en bois y tracent un paysage un peu irreel, un decor de cinema avec de petites echoppes recouvertes d'ideogrammes, des luminaires rouges, des petits vieux assis ici regardant la le tumulte des chapeaux chinois. Bon il y a aussi des restos proposant des hamburgers.
Tout ca se mele a des bars branches, des endroits tres poses, des gens etranges, des gens vraiment sympas. Nous, par hasard, nous sommes arrives pour la pleine lune. alors on a regarde le cote chinois de la lune. On etait des belges, des francais, des chinois, un allemand et meme un colombien. On s'est parle dans nos langues mutuelles, on s'est tous bien compris, et on a pris soin de regarder cette belle lune, toute ronde, qui eclairait les montagnes au loin, au fond des ruelles. On est un peu au cinema a Dali. Acteurs et spectateurs ?

Bon il faut aussi qu'on vous parle de ces fameuses chinoiseries, que nous sommes d'ailleurs en train de repertorier. On vous en livre quelques unes pele mele, a vous de mediter.
Ah ! La 1ere c'est sans aucun doute les chiottes ! On parle beaucoup trop des toilettes turques. Alors que les chinoises valent bien le deplacement aussi. Enfin, une fois pas plus. C'est absolument infect, ca pue du cul, c'est du jamais vu, c'est pas croyable. C'est meme indescriptible. Les chinois refusent absolument de servir un tant soit peu de la chasse d'eau. Les enormes tas de merde s'accumulent jusqu'a deborder. On sait plus ou mettre les pieds. Si deja on ose entrer etant donne l'odeur et les mouches. C'est vraiment infame, soit. Mais le monde doit en etre informe ! Parfois ce ne sont que des fentes donnant sur une fosse. Sur un truc comme ca, on a meme vu des asticots qui grouillaient du fond de la fosse jusqu'a remonter a l'interieur, sur le beton, partout. beurk. Et le pire c'est que ca ne leur fait ni chaud ni froid. Ils sont dingos ! Nous on fait a cote maintenant, ou on fait plus !
La deuxieme specialite en Chine, c'est la clope. Tout le monde fume et partout. Meme dans le train, meme dans le bus ! Le chinois, il est tranquille sur sa couchette, dans le bus, et il s'allume une clope ! Alors ca le francais n'en revient pas ! "Il a le droit de faire ca ????". Beh ouais. Et c'est pas tout. En plus de tout ca, figurez vous qu'ici les gens se promenent avec de gros bangs (d'enormes pipes en bambou) et fumottent tranquillement une quelconque drogue locale. Meme le chauffeur de bus il faisait ca a notre consternation ! A chaque arret. A Dali, ce sont les petites vieilles qui n'ont qu'une idee, c'est de vendre leur herbe du jardin. On se dit que les chinois ce sont des gens bizarres quand meme...
Par contre, et ca aussi ca nous a cloue le bec, c'est que nous ne pouvons plus acceder a notre blog de Chine. Censure tout simplement ! On peut ecrire des messages mais pas voir et contempler le site. Beaucoup de sites (comme blogspot) sont censures par le serveur du parti. Voila ce qu'il en est de l'ordinateur chinois ! C'est un peu difficile a imaginer la censure pour nous, enfin quand c'est aussi visible.
On sait pas trop non plus comment on va arriver a Pekin, etant donne que tout est complique, et que les chinois sont pas disposes a nous aider. Mais bon on se console avec notre superbe Guide de conversation du routard. Rigolez pas, c'est fantastique. Avec ca, on peut faire sourire ou interesser n'importe quel chinois, meme le plus renfrogne. On sort notre petit livre, on prononce le mot approprie, ou mieux encore on le montre ecrit en chinois. La, ils sont epoustoufles, ils veulent voir tous les mots. Ca nous fait aussi mourrir de rire. C'est tres utile, ou ca peut l'etre du moins :

洗手池是脏的 = Le lavabo est sale...
不要进,谁都可能这样 = C'est pas grave, ca peut arriver a tout le monde...
这在不停地流血 = ca n'arrete pas de saigner...

C'est tres depaysant la Chine finalement.
Grosses bises 热吻 !!!